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Tome cinqième.
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DES PJLACES FORTES.

avec Francois I ", fit marcher trorite-dnq mille hommes verslaChampagne.Les villes frontieres de cette provincen'ftaient point en 6tat de rüsister, etles Impüriaux pouvaient sans peine pü-nOtrer, en peu de temps, au centre duroyaume. Le monarque frangais, äcette nouvelle, assembla son conseilde guerre, pour ddibörer sur le partiqu’il fallait prendre dans une circons-tance si pressante. Apres bien des avis,on conclut qu’il fallait brüler Mezibres,ville qui aurait la premiere ä soutenirles efforts de l’ennemi, et düvastertous les environs, pour affamer les sol-dats du perfide empereur. Bayard seuls’opposa fortement ä cette resolutiondüscspüree. « Sire, dit-il au roi, il n’y a» point de place faible lä oü il y a des»gens de bien pour la defendre. J’irai» moi-mßme m’enfermer tians Müzi&res,»etje vous en rendrai bon compte. »On applaudit au genereux projet deFintrtäpide Chevalier. Une foule debraves et l’dlite de la noblessese dispu-tent l'honneur de le suivre. Ils partent,et en peu de jours arrivent dans Mü-zibres qu’ils trouvent hors d’etat desoutenir le siüge dont ils ctaient me-nacüs. Bayard commenga par faire sor-tir toutes les bouches inutiles; ensuite,ayant fait rompre le pont de la Meuse ,il ordonna de retablir les anciennesfortifications et d’en construire de nou-velles. Il encourageait les travailleurs;il leur distribuait des recompenses pü-cuniaires; il partageait avec eux leurspenibles fonctions. « Camarades, leur»disait-il souvent, nous sera-t-il re-» proche que cette ville soit perdue par» notre faute, vu que nous sommes si» belle compagnie ensemble , et de si» gens de bien? Il me semble que si nous» ütions dans un pre, n’ayant devant» nous qu’un fosse de quatre pieds, en-» core combattrions-nous un jour en-y.

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»tier, avant que d’ütre ddfaits. Dieu » raerci. nous avons fosse, murailles et»remparts, oü je crois, avant que les»ennemis y mettentle pied, beaucoup»des leurs dormiront au fosse.» Cesparoles remplissaient tous les coeurs etchacun se croyait invincible sous unchef si magnanime.

Il n’y avait que deux jours que lesFrangais ütaient entres dans la place ,lorsqu’on apergut l’armüe imperialequi s’approchaitde deux cötüs, en degäde la Meuse , sous les ordres du capi-taine Sickingen, etau-delä, sousceuxdu comte de Nassau. Le lendemain, ilsenvoyerent un heraut sommer Bayardde leur remettre la ville. Ce deputü luidit, « que ceux qui le messageoient» pardevers lui, estimoient la grande» et louable chevalerie qui en lui estoit,» etseroient merveilleusement deplai-» sans s’il estoit pris d’assaut; car son» honneur en amoindriroit, et par» aveuture lui coüteroit-il la vie...—» Dites ä ceux qui vous envoient, rd-» pondit en riant le Chevalier sanspeur» et sans reproche, qu’avant que j’a-» bandonne une place que le roi, mon» maitre, a bien voulu confier ä ma» foi, j’aurai fait, des corps de ses en-» nemis entasses, le seul pont par oü il» me soit permis d’en sortir. » Le hü-raut, congüdie avec cette rüponse, larendit ä ses maitres, en presence d’uncapitaine frangais, nomme Jean Pi-card , qui leur dit: « Messeigneurs, je» connois Bayard, et j’ai servi sous lui.» Ne vous attendez pas d’entrer dans» Mezierestant qu’il sera vivant; j’ai-» merois mieux qu’il y eüt dans la» place deux mille hommes de guerre» davaritage, et que sa personne n’y» füt point... — Capitaine Picard, de-» manda le comte de Nassau, ce sei-» gneur de Bayard est-il de bronze ou» d’acier? S’il est si brave, qu’il se

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