DH JLA DEFENSE
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fin de se retirer sans oser livrer l’as-saut, quoique le canon eüt fait brecheen plusieurs endroits. Le froid, les ma-ladies, les sorties frequentes avaientdetruit le tiers de cette armee formi-dable. Le prince de la Roche-sur-Yon en poursuivit les tristes restes. Ayantjoint quelques compagnies de cavalerie,
11 leur presenta le combat. L’officierqui les commandait, s’etant retourne:
« Seigneur, leur dit-il, comment vou-»lez-vous que nous ayons la force de»combattre? vous voyez qu’il ne nous» en reste pas assez pour fuir. » Touchede compassion, le prince permit ä cesmalheureux decontinuerleur retraite.Le duc de Guise recueillit günüreuse-menttous les malades qui n’avaient pusuivre leurs compagnons, et les distri—bua dans les villages voisins et dans leshöpitaux.
C’est dans ce siege que Metz perditson ancienne splendeur. On fut obligd,pour la defendrp, de detruire au de-dans et au dehors plus de trente egli—ses magnifiques, dont quelques-unesrenfermaient les tombeaux de plu-sieurs rois de la race carlovingienne.On frappa plusieurs medailies pourüterniser la memoire de la delivrancede Metz . L’une representait la devisede l’empereur. C’6taient les colonnesd'Hercule avec ce mot latin ultra , pourfaire entendre que, par son expeditionen Afrique , ce prince avait porte sesarmes victorieuses bien au-delä despays qu’avait parcourus le grand Alcide.On ajouta au corps de la devise uneaigle enchainee et attachee aux colon-nes, avec ces mots : non ultra metas.L’equivoque du mot metas devenaittres piquante pour Charles-Quint , parcequ’il signiüait egalement la ville deMetz et les colonnes d’Hercule.
On ne peut trop admirer la conduite jdn duc de Guise pendant tout le cours j
de cette defense, sa prüvoyaiice, junactivite, son tälent ä encourage» iestroupes. II entretenait surtout i'emu-lation par des sorties, petitesmaiscon-tinuelles, oü les differens chefs de cesexpeditions partielles, cherchaient ä sesignaler et ä se surpasser les uns lesautres.
«M. de Guise (dit M. de Salignac,»auteur de la relation de ce siege) al-»loit d’heure a autre reconnoitre le» dommage que nos murailles et tours» receuoient, et se mettre en lieu d’oü»il pust mesurer le tout de son ceil,» sans se fier au rappoort qu’on luy en» pouuoit faire, s’exposant beaucoup de»foisäplus grand hazard, que l’im-» portance d’vne si gra nde perte, qu’eust» este de sa personne en ce lieu, et en»temps de teile affaire n’eust bonne-» ment requis. II pouruoyoit auec le»Seigneur Pierre Strozzy (qui n’auoitapeud’aduis, ni faule de moyens ensteiles choses) et auec les Seigneurs»de Gounor, de Saint-Remy et de»Camille Marin ä sauuer nos deffen-» ces , ä en faire de nouuelles, et or-» donner nouueaux remparts lä oü il»estoit besoin. En quoi on ne sgauroitb estimer qui aidoit plus ä M. de Guise,»ou l’experience et pratique qu’il» pouuoit auoir eu auparauant de telles» choses, ou bien son naturel dispose ä»la conduite et maniement du fait et» appartenances de la guerre. Et croy»que les deux ensembie le rendoient» si entendu, qu’en la plus grande par-»tie des deliberations qui s’en fai-» soient, son opinion se trouuoit digne»d’estre executee.
»Le iour apres vingt’huitieme du» mois, continuants les ennemis leur»batterie, ouurirent la tour d’En-»fer de dix-huit ou vingt pieds de» large, devinants l’endroit d’vne che-» min^e qu’estoit le plus folble du raur,