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Tome cinqième.
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DES PL.ACES FORTES.

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i>ou bien quelqu’vn de la ville qui» sgauoit le contenu du dedans, le leur»auoit enseigne. Sur le midy tout cespare de mur d’entre les tours des»Wassieux etLigniers,pour auuir este»fort battu, et coupd assez bas, com-» menga pencher en dehors, et se de-»partir de la terre qui l’appuyoit.»Deux heures apres continuants les»ennemis y tirer, tomba tout d’und coup dans la fausse braye, mais vne»partie soubs soy, rendant la montdc»malaisde pour venir ä l’assaut.

» Les ennemis voyants renuerser la»muraille, ietterent vn cry, et firent» demonstration d’vne gründe ioye,»comme s’ils estoient arriuez ä bout» d’une partie de leur entreprise. Mais» quand la poussiere fust abattue, leur»laissa voir le rempart desjä de huit»piedspar dessus la breche, encor que»bien raz et large, ils eurent ä ra-»battre beaucoup du compte qu’ils» auoient fait, sans estendre plus auant»cette grande rizee qui ne s’entendit» plus.

» Vn de nos soldats, appele Montilly,»fit la brauade de descendre inconti-» nent par la bresche, comme pour»donner connoissance aux ennemis»qu’il ne se soucioit gudres qu’on y» peust aisdment monter. Nos gens de» guerre de pied et de cheual plante-» rent leurs enseignes, guidons et cor-» nettes sur le rempart: et tous les ma-»tins, au remuement de la garde, on» ne failloit les y mettre. Gros nombre»de nos harquebouziers, que M. de» Guise avoit fait aposter, ayants atten-»du que la muraille fust ostee, comme» s’il leur eust fait empeschement, tire-» rent incontinent,ettousjours iusques» a la nuit dans les tranchees et caua-»liers des ennemis, qui fust cause que»depuis leurs harquebouziers de la»tranchde du bord du fosse, s’advi-

»serent de faire des petites canonnid-»res dans le terrain, pour tirer ä cou-»uert, et de point en blancau long de»la bresche, afin de garder que les» nostres p.r, s’osassent presenter au -» dessus: toutesfois les gens d’armes»ayants lärmet e« teste, et leurs sayes»de liuree vestus, ne laissoienta mon-»terbeaucoup de fois au plushaut, pour»y uuider la hotte, sans craindre le» danger : tellement que les pyonniers» mesmes et femmes, qui seruoient au»rempart, s’accoustumerentpeuä peu» ä les suiure. Le reste du iour, les en-» nemis essayerent ce rempart qu'ils»voyoient a coups de canon; mais,»combien qu’il fust fraischement fait,» toutesfois se trouua en plusieurs en-»droits assez fort pour arrester le» boulet.

» La nuit on cessa la batterie qui» avoit depuis le matin este de neuf» Cents ä mille coups de canon, et nous» ä plus grande diligence que iamais» esleuasmes et renforgasmes le rem-» part; pouruoyants quant ä la tour» d’Enfer, de ieter de la terre deuant» l’ouuerture, et y faire vn rempart es-» pais iusques ä la moitid du second» estage, reseruant l’aulre moitie qui» estoit deuers nous pour sauuer des»canonniers, abattre le long de la» fausse-braye deuant la bresche, et» nous y loger dedans pour la dd-» fendre.

» Les deux iours d’apres leur batte-» rie se conduisitpluslentementqu’au-» parauant; car ils ne tirerent que six» cent trente coups, tant au long du» rempart dp la bresche, pour nous» garder d’y porter terre, qu’ä la tour» d’Enfer„ laquelle apres auoir este rem-» paree en l’estage de dessus, enuiron» sept ou huit pieds de large, par ou»ilsentreirent en espdrance de nous en»chasser, et venir maistres du second