DES P’LACES FORTES.
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»qui incitent a l’honneur, & la vert u et» ä la victoire. Le capitaine Fauars,» maistre de camp, ordonnoit de sess gens de pied, et encores par dessus»luy le seigneur Pierre Strozzy, en-> semble sur les gens de cheual. Le>• seigneur de Saint-Remy estoit pre-v pare de ces artifices ä feu et engins» de guerre. Iesquels auoient este ap-» portez de bonne heure en vne mai-» son prochaine, pourles emploier sur» les premiers qui viendroient. Aussi le» seigneur de Crenay, et autres gen-»tilshommes et soldats, choisisde tou-»tes les compagnies et bandes aus cos-»tez de la bresche, pour executer bon» nombre de harquebouzes ä croc; pa-»reillement le seigneur d’Ortobie et»ses compagnoras, commissaires de»l’arlillerie, auec leurs canonniers aux»flancs et deffenees, et fusrent toutes» choses si promptement mises en leur» ordre, et l’ordre mesme partout si') bien obserue,que les ennemis eussent» prins mauuais conseil de nous venir»assaillir. Aucuns d’eux s’aduiserent» d’aller sur la montagne, qui regar-» doitla bresche, d'oüils la peurentvoir» fournie de museaux de fer, de mor-»rions et corselets, qui ne tust chose» qui leur deust beaucoup plaire.
» Trop long seroit ä raconter, et»possible ennuyeux de particulariser» toutes les saillies (sorties) qui se sont» faitesdurant le siege, desquelles aussi« v ue partie n’apeu venir äma connois-»sance, ä cause qu’il s’en faisoit en» mesme heure deux ou trois par di-» verses portes, et quelquesfois nos» gens ne rencontrants les ennemis,»s’en retournoient sans faire autre» chose digne de r6cit. Sulfira que par» le recit d’une partie soit monstre ne» s’estre iamaispr6sentdunseulmoyen» de nuire ou de gagner sur l’ennemi,» que M. de Guise ne l’ait entrepris et
» fait sagement executer, tenant tous-» jours l’entreprise secrette jusqucs ä»l’heure qu’il y enuoioit; et lors en»ayant bien instruit le chef, qui la» deuoitconduire, ietoit premierement» les coureurs dehors tous ensemble ,» et puis ceux de la grosse troupe bien»serrds, sans y permettre dauantage» que le nombre qu’ii auoit ordonne» faisant mettre des gens de guerre» aux lieux de gardes en armes, alin» que l’aduenture, lorsque serions amu-» sez d’un coste, l’on ne nous surprint» de l’autre, et luy se tenoit ä la porte» auec autre nombre de gens lant de» pied que de cheual, afin que si quel-» que nccasion se presentoit de faire» dauantage, ou bien qu’il fallust sou-» tenir et recevoir les nostres pour es-» tre foibles, il pust promptement faire» sortir ceux-cy aussi auant qu’il en» verroit estre besoin : n’ayant iamais» fait retraite quand il y auoit grosse»troupe dehors, fust de pied ou de» eheual, que au pas et en bon ordre,» et que la trompette et tabourin ne» l’eussent sonnee, aduertissant toutes-» fois n’estre raisonnable, qu’on de-» mourast longuement dehors ä la teste» d’un camp.
» Les deux jours ensuvyans se lirent» force saillies, de quinze et vingt che-» uaux, sur les routes de ceux qui com-» menfoyent s’en aller; et par quel-» ques Espagnols autres des leurs qui»furent prins, nous sceumes le deslo-» gement de l’Empereur du chäteau de»la Oigne, qui s’en estoit parti ce pre -» mier jour de l’an, et relire ä Thion-» ville, auec le malcontentement qu’on» peut penser de se voir descheu de son» esperance, et sa grande armee qu’il» auoit assemblöe de diuersendroits de»la chretiente, ruinße, son entreprise»tournee ä neant, et luy quasi mis» pour seruir d’exemple ä faire voir au