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Tome cinqième.
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DES PEAC.ES FORTES.

tös,, se retirent dans leurs lignes, apres lavoir perdu beaucoup de monde etplusieurs de leurs chefs, Un second as-saut donne d’un autre cöte, lut aussimslheureux. Les ennemis n’entrepre-naient rieu pour avancer leurs ouvra-ges, que les assieges n’y opposassentles plus grands obstacles. Derriereuneeoupure ils en elevaient sur-le-champune autre: la nuit n’interrompait pointleur travail. Les femraes disputaientaus plus vaillanssoldatsla gloirede de-fendre la patrie : le courage suppleaitau nombre. Les assiegeans, rebutespar cette continuite de mauvais suc-ces, prirent alorsle parti de forcer laville par la famiuc, et eonvertirent lesiege en blocus.

Cependant le duc d’Albe, qui venaitde se rendre maitre de Mons , jeta sesregards sur Tergoes, et ordonna ä San-dle d’Avila et ä Christophe Mondra-gone de secouri r au plus töt cctte placeimportante. On armapromptementunnombre süffisant de navires pour yembarquer le sccours, et le faire des-cendre par la branche septentrionalede l’Escaut, sur laquellc Tergoes estsitue. Mondragonö, chef de cette en-trcprise, ayant rassemble un corps detroupes espagnoles, allemandes et wa-lonnes, tenta plus d’une fois de des-cendre le fleuve ä l’aide du reflux, etde debarquer ses soldats; mais il n’yput reussir. Les ennemis boucherentconstamment le passage; et leur ma-rine, tres superieure ä celle du roi, fittoujours avorter le projet. D’Avila,qui conduisait les troupes de terre,crut qu’en etablissant sur les bords del’Escaut quelques batteries, le feu dueanon contraindrait l’ennemi de s’ö-loigner, et pourrait procurer ä Mon-üragonö un instant favorable pour ar-river ä sa destination. On executa ce

«ein sur la proposition qu’il en fit;

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mais l’evenement ne repondit pas a cequ’il avait esperd. L’artillerie, emboutböe dans un terrain fangeux, par le-quel il fallait la conduire, ne put avan-cer assezloin. Enfin, on desesperait dedölivrer Tergoes, lorsque le capitainePlumart, ne dans ce canton, qu’il con-naissait parfaitement, brave homme,tres attache au Service du roi, vinttrouver les capitaines espagnols, etproposa de passer ä gue la partie del’ile qu’une tempöte effroyable avaitsubmergee en 1532; il promit que latraversee, quoique d'environ troislieues, serait heureuse en la faisant ämaree basse, et offrit d’executer sonprojet. On en sentait toute la grandeuret toute la difficulte; mais le merite dePlumart donnait de la force ä sa pro-position. On fit faire en diligence ungrand nombre de petits sacs; on lesremplit de poudre ä canon, de m&ches,de biscuits; et, Sans differerplus long-temps, on transporta les troupes auvillage d’Aggior, au dedans de l’anglede l’ile le plus proche de la terre fer-me , oü il etait plus aisd de tenter lepassage. On avait choisi, pour cetteetonnante entreprise, trois mille liorn-mes il’infanterie dans les trois nationsqui composaient l’armee royale; Mon-dragond en eut le commandement. Cethabile guerrier, persuadd que la mareela plus basse qui monte et s’ecouledans l’espace de douze heures ne don-nait pasun temps süffisant, voulut en-trer dans l’eau dös le commencementdu reflux , etsur-le-cbamp, il conduisitses soldats ä l’endroit d’oü ils devaientse porter dans la partie inondöe.

Il y fit distribuer un sac ä chacund’eux, et leur ordonna de le porter surl’epaule, afin d’empöcher qu’il ne fütmouille ; puis, les ayant re-mplis de laplus vive ardeur, par un discours toutde feu, il se met ä leur töte, et s’avance