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Tome cinqième.
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DES Pf.ACES FOKTE8.

quelquefois voir ä demi des casquesqu’ils elevaient des tranchöes sur despiques, et qu’en möme temps ilsetaient percös ä coups d’arquebuse.Quoiqu’ils fussent reduits par la fami-ne, durantles deux derniers mois, ämanger des souris, leurs souliers ettoutes sortes d’ordures, ils ne perdi-rent pas encore leur obstination ni leuraudace, rösolus de se pröcipiter plutötau miiieu de leurs ennemis, et de mou-rir en combattant, que de se laisserBorger comrae des bötes dans lesmurailles de leur ville. Ils eussent sausdoute executö cette rösolution, si leursenfans et leurs femmes ne les eussentretenus par leurs pleurs, par leurs criset par leurs embrassemens, comme ilsötaient pres de sortir.

La prise de Harlem , comme sonttous les longs sieges, apporta aux Es-pagnols plus de gloire que d’avantage;car l’armee y ayant ete diminuee debeaucoup, et retardee möme par lamutinerie des soldats, Fredöric, quien etait parti pour aller assieger Alk-maer, fut contraint de lever ce siegeä l’entree de l’hiver.

Stege de Livron par Saint-Lary-Bellegarde, en1574.

Louis de Saint-Lary-Bellegarde, Tundes favoris de Henri* III, fut envoyepar ce monarque, en 1574, contre lesHuguenots du Dauphine. Il ötait ä latöte d’une bonne armee, et croyaitremporter de grands avantages. Danscette persuasion, il attaqua la petiteville de Livron qui n’etait defendueque par les habitans. Mais il fut re-pousse dans trois assauts; et les fem-mes trouverent sa conduite si mepri-sable, que pour l’insulter, eiles vinrenten foule liier leurs quenouilles sur labreche. Ges bravades piquerent enfin

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le gönera) catholique. Il donna unnouvel assaut; les femmeslesoutinrentseules, repousserent les assiegeansavec vigueur, et forcerent Bellegardeä lever le siege.

Stege de Leyde par les Espagnols, en 1574.

Les Espagnols (dit Strada) firent lesiege de Leyde sous la conduite deFrancois Valdes, avec plus de courageque de bonheur.

Valdes. ayant d’abord pris les de-hors des ennemis, et bienlöt aprösquelques forts voisins, et enfin fermede tous cötes le chemin des vivresä une ville si peuplee, peu s’en fallutqu’il ne la röduisit ä la derniöre ne-cessite. Il ecrivit nöanmoins aux as-siöges une lettre toute remplie de dou-ceur, par laquelle il leur presentait desconditions assez favorables s’ils vou-laient se rendre, bien qu’il leur te-moigndt par la möme lettre qu’il savaitleur necessitö; mais ilslui repondirentavec möpris et avec orgueil qu’ils nemanqueraient pas de vivres tandis quele bras gauche leur resterait, et qu’ilsle mangeraient s’il en ötait besoin, sereservant le bras droit pour defendreleur libertö. Valdes, furieux de cetteröponse, fit Mter les approches, as-siegeala ville plus etroitement, et parce moyen il excita un si granddesordredans Leyde , oü de tous cötes les ha-bitans mouraient de faim, que la po-pulace, äqui l’extrdmite avait fait per-dre toute patience, menaca publique-ment d’ouvrir les portes ä l’ennemi, siles magistrats ne recevaient les condi-tions auxquelles on leur proposait dese rendre. Valdös, en ayant eu avis, r6-solut d’assaillir la ville qui ötait dejäöbranlöe par ce tumulte, et com-manda que toute l’armöe se tint