DES PLACES FORTES.
Nous lisons que ceux du Tournesistirent autrefois lä möme chose en pa-reille nöcessite dans les Pays-Bas , lors-qu’ils assiegeaient le camp de Q. Cicd-ron, ayant ete contraints de remuerla terre avec leurs öpöes et de la trans-porter avec leurs sayes. Mais d’autantque le danger devenait plus grand parles eaux qui croissaient d’heure enheure ouire mesure, et qui se haus-saient par la mer qui avait alors unplus grand flux, ä cause de la pleine-lune et du vent du nord-ouest quisoufflait, les Espagnols, assiöges plu-töt qu’assiegeans, jetörent la plusgrosse artillerie dans quelques fossesprochaines, et enfin par une terreursoudaine de Valdes, qui se repentittrop tard d’avoir laissö dchapper l’oc-casion de prendre cette ville, i!s levö-rent le siöge de Leyde , quatre moisaprös l’avoir commencö.
Mais cette fuite ne se fit pas sansbeaucoup de pertes, car l’ennemi, quisuivait les Espagnols avec des crocs etdes crampons attaches au bout de per-ches ou ä des cordes qu’il langait deloin, les blessait cruellement, ou enattirait plusieurs prisonniers dans lesvaisseaux.
Sigge d’Anvers par les Espagnols, en 1584.
J’entreprends (dit Strada) d’ecrirele siege le plus mömorable, le plus fa-meux qu’on ait jamais formö devantune ville: car iamais on n’arröta les ri-viöres avec de plus grands travaux, nijamais l’esprit humain ne congut desinventions plus hardies, ni jamais destroupes, äqui plusieurs siöges avaientdonnö de l’experience et du courage,ne combattirent plus vaillamment. Onfit en cette occasion des forts sur desfleuves rapides; on fit des mines sousles eaux; on fit passer les rivieresv.
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par-dessus les digues; on fit d’autresdigues sur les riviöres.
Le prince de Parme se presenta de-vant Anvers , ä la töte d’une puissantearmöe, et commenga ses operationspar l’attaque des deux forts de Lilloet de Liefkensoech, que les rebellesavaient construits sur les bords dill’Escaut. Un stratagöme singulier,qu’imaginerent les Italiens de l’ar-mee royale, chargös de faire ie siegedu dernier, en favorisa beaucoup lesucces. Ils rassemblörent un grandnombre de charrettes chargöes de foinvert, et y mirent le feu. La fumöe, quele vent portait sur le fort, etouffant lagarnison, eile fut contrainte de se re-tirer un peu ä l’öcart. Les assaillans enprofitörent, monterent sur les rem-parts, emporterent la place. Le princene fut pas aussi heureux ä Lillo. Mon-dragonö, ne l’ayant pas attaquö aussibrusquement qu’il i’aurait pu, y Iaissaentrer un renfort considörable, et per-dit ä ce siöge six semaines et deuxmille hommes. On l’abandonna, etFon se contenta de masquer le fort ducötö de la terre, et de röprimer lescourses des troupes qui s’y etaient ren-fermees.
Le prince entreprit ensuite un ou-vrage de la plus grande difficultö: c’d-tait de fermer le passage de l’Escaut.Au mois de septembre, il fit bätir deuxforts en face l’un de l’autre, pour as~surer la navigation. Des qu’ils furentacheves, apres qu’on les eut bien garnisd’artillerie, on travailla ä la construc-tion d’un pont, projet chimerique enapparence, et du succös duquel pour-tant döpendait celui du siege d'Anvers .Pour faciliter le transport des matö-riaux nöcessaires, le gönöral espagno»fit creuser un canal large et profond,et dont la longueur avait plus de deuxlieues. On l’appela le canal de Parme
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