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DE LA DEFENSE
par honneur pour le grand homme quil’avait entrepris. Ce prince, afin desuivre les travailleurs, et les animerpar son exemple, avait etabli son quar-tier au village de Reversen. Le comtePierre Ernest de Mansfeld , lieutenant-general de l’armöe, commandait ducöte du Brabant, et campait ä Sta-broech, un peu au-dessous d’Anvers .Mondragonö s’etait retranchö presqueau bord de la riviöre, en face de Lillo,oü il contenait les ennemis. On avaitbdti de toutes parts des forts, soit pours’assurev des digues, et empöcher lesrebelbs d’inonder la Campagne, en lescoupant; soit pour fermer toute com-municalion avec les places voisines,.etarröterles secours; soit enfm pour s’op-poser ä la flotte ennemie, et suppleerä la faiblesse de celle du roi. Le mar-quis de Roubais, officier d’une reputa-tion brillante, et qui lameritait, futchargö de veiller ä la confeciion dupont: il mit tant d’activite dans lessoins qu’il se donna, qu’on esp6ra devoir bientöt cet ouvrage importantconduit ä sa perfeotion.
Cependant les assieges, effrayes duprogres des Espagnols, ötaient en proieaux plus vives inquietudes. Chaque ci-toyen craignait pour sa fortune. Onn’espörait aucun secours capable d’ar-röter le coup pröt ä tomber sur toutesles tötes. Tous les coeurs etaient t'bran-les; et l’ondöclaraitouvertement qu’onne voulait plus soutenir un siege quidevait coüter beaucoup de sang et detravaux. Saint-Aldegonde, alors bour-guemestre d’Anvers , osa seul combat-tre cette resolution publique. Ses dis-cours pleins de feu ranimerent le cou-rage abattu de ses concitoyens; et, parses sentimens genöreux, il sut les en-gager ä jurer, d’une commune voix,qu’ils renongaient pour toujours ä l’o-beiss,ance de Philippe. On publia un
edit par lequel il ötait döfendu, Suuspeine de mort, de pröter l’oreille ä nu-cun accommodement propose par lesroyalistes. On se prepara ensuite, avecplus d’ardeur que jamais, ä la defensela plus opiniälre; et pour la prolonger,on ordonna de ne distribuer les vivresqu’avec mesure. On forma plusieurscompagnies de bourgeois en etat deporter les armes; et l’on fit tous lespreparatifs necessaires pour traverserla construction du pont fatal.
Outre les vaisseaux qu’on avait ar-mes pour empöeher ou retarder les tra-vaux , on resolut d’employer plusieursnavires singuliers qu’on devait ernplird’artifice, afin de ruiner l<es ouvragesdeja faits. Les redoutes que le princeavait formöes sur les bords du fleuve•gönnient la croisiere des frögatesd’Anvers . On conslruisit un vaisseaud’une grandeur enorme, et on le pour-vut d’une forte artillerie, afin de lesattaquer. Cette masse immense res-semblait en quelque Sorte ä une forte-resse flottante. Les assieges en congu-rent de si grandes esperances, qu’ilsl’appelerent la fin de la güerke ,titre fastueux dont la sagesse et l’acti-vite du prince de Panne fit connaitretoute la vanitö.
Döjä les estacades qui foraaaient lesculees de chaque cötö du pont, tou-chaient ä leur perfection, malgrö lesefforts des rebelles, qui livraient sanscesse de sanglans combats. 11s lirentpar terre et sur l’Escaut toutes les evo-lulions capables de troubler les assie-geans. Mais, quelque chose qu’on en-treprit, ils parvinrent enfin a se pro-curer un assez grand nombre de vais-seaux pour fermer le fleuve au milieude son cours; et, le 25 fevrier 1585. lepont fut entierement aclieve.
Son empiacement fut choisi entreles villages d’Ordam et de Oalioo. parre