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Tome cinqième.
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DES PL.ACES FORTES.

quc le lit du fleuve y 6tait moins largeque partout ailleurs, et que son conrsfaisait en cet endroit un coude plusmarque, en sorte que les bätimens en-nemis ne pouvaient lomber perpendi-culairement sur le pont. Pour le com-mencer, on avait battu, sur chacune desdeux rivcs opposees de l’Escaut, delongues files de gros pieux, que l’onprolongea autant que la profondeur dufleuve put le permettre. On les assem-bla transversalement, et dans touteleur longueur, avec des pieces de boistrds fortes et lr£s solides; c’estce qu’onappela les esiacades : celle de Gallooavait deux Cents pieds de long, et celled’Ordam neuf cents; l’espace qu’elleslaissaient entre eiles etait de douze centcinquante pieds. On forma sur chacuned’elles une espece de place d’armes,capable de contenir un corps de trou-pes assez nombreux pour les defendre,et proteger les bälimens qui devaientcontinuer le pont. Elles furent bordeesd’un parapet d’oü le soldat, ä l’abri descoups de l’ennemi, pouvait l’incom-moder de son feut. Les deux forts cons-truits aux deux t6tes du pont, c’est-ä-dire ä l’extremite des estacades, duc6td de la terre, en protegeaient lesdeux flancs. On les avait garnis, a ceteilet, d’une artillerie nombreuse; on^tablit aussi des batteries dans les pla-cesd’armes. Acesprecautionsonajoutacelle de herisser des deux cötds les es-tacades de grosses poutres termineesen pointe et ferrees: eiles saiilaient as-sez loin en dehors, et de gros pieux,enfonces dans le fleuve, les soute-naient ä fleur d’eau. On se proposaitpar lä d’eloigner les navires ennemis,et d’aflaiblir leur attaque. Lorsque lesestacades furent achevees, on appro-ch,a les bAlimens destines ä fermer lereste du cours de l’Escaut dans la par-tie la plus profonde et la plus large. On

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choisit trente-deux barquesdesoixantepieds de long sur douze de large, onles plaga ä vingt-deux pieds de distancel’une de l’autre; on les fixa chacunedans leur emplacement par deux bon-nes ancres, et eiles furent liees toutesensemble avec un grand nombre de for-tes chaines. Chaque barque 4tait gar-nie de trente soldats et de quatre ma-riniers, et defendue par deux canonsaux deux extremites. Le nombre totaldes canons distribuös sur les estacadeset le pont etait de quatre-vingt-dix-sept. On couvrit encore le pont d'unedefense exterieure, afin de le mettrc äl’abri de toute entreprise. On savaitque l’ennepii construisait des especesde brülots, avec lesquels il se proposaitd’y mettre le feu. On craignait d’ail-leurs que les vaisseaux, qu’on avait ar-mes dans la ville assiegee, ne vinssentl’attaquer au-dessus en mdme temp$que les navires des confederes tente-raient de l’attaquer au-dessous. Pourle garantir de ce double danger, oufit de grands radeaux avec un nom-bre de mäts solidement atlachds en-semble , qu’on mit a flot dans toute lalargeurdu pont, et qui pr^sentaient äfennemi une sorte de rempart ou deparapet. Cet ouvrage immense, quiavait environ deux mille quatre centspieds de long, demanda sept inois defatigueet d’application. Les ingenieursqui en eurent la direction s’appelaientJean-Baptiste Plato et Properce Bar-rochio. Ce fut ce dernier qui donnal'idee des radeaux qui couvraienl lepont.

La place, cependant, n’oubliait rienpour detruire l’effetde cetteetonnanteentreprise : eile avait a son Serviceun fameux ingenieur italien, nommdGiambelli, nalif de Mantoue . Ce futlui qui inventa et fit executer ces Mti-mens destructeurs, que depuis on ap-