DES PLAICES FORTES.
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ges ne se rendirent que quand Ia terreileur manqua pour se retrancher, ettencore ce fut par ordre formel desEtats-Generaux , auxquels Ia duree dece siege avait donnö le moyen de sededommager, en enlevant aux Espa-gnols d’autres villes non moins impor-tantes alors pour eus qu’Ostende , tel-les que l’Ecluse , Grave, Ysendik. Lesassiegeans, commandespar le marquisde Spinola, employerent ä ce siegetrois ans et soixante-dix-huit jours, ety perdirent plus de soixante et dixmille liommes. La viile n’etait plusqu’un tas de döcombres lorsqu’elle futrendue, et les habitans se retirerentpresque tous ä l’Ecluse et lieux circon-voisins.
Sitfge de Monlauban y>ar le conn£lable deLuynes, e*) 1621.
Le connetable de Luynes, suivi duroi Louis XHl, des nnarechaux de Les-diguiöres, de Saint-fGeran, de Praslin ,de Themines et de Chaulncs, des ducsde Mayennc, de Guise , de Vendöme,de Montmorencv et de Chevreuse , duprince de Joinville, de Bassompierre,de Schömberg, en un mot, de tous lesgrands seigneurs du royaume, se prd-scnta devant la viile de Montauban , le17 d’aoüt 1G21, et en forma le siege.Gelte place des huguenots futaussi vi-goureusement defendue par La Force,le jhire, qu’elle fut mal attaquee par lefavori du monarque fran^ais: aussifut-il obligd de se retirer, le 2 de no-vembre, apresavoir fait, pourl’empor-ter, d’inutiles elforts.
Si^g e de La Rochelle par Louis XIII , en 1627.
Le Cardinal de Richelieu voulut si-gnailer son ministere par la conquötede La Rochelle . II en üt ordonner le
siege, malgre l’avis des ennemis de sagrandeur et de sa puissance; et, dansle cours de 1627, une armee de vingt-trois mille liommes, ayant Louis XIII ä leur töte, vint se presenter devant cedernier asile des protestans. Le Cardi-nal conduisait toutes les operalions,sous le nom du roi; il 6tait seoonde parle duc d’AngoulGme et les marcchauxde Schömberg et de Bassompierre.C’est ce m6me Bassompierre qui avaitdit au conseil : Vous verrez que nousserons assez fous pour prendre La Rö-chelte. La viile 6lait vaste, bien forti-fiee, bien situee, pourvue d’une nom-breusc artilierie, remplie de munitionsde toute espece, et defendue par deshabitans que lezele de la religion avaitrendus presque invincibles. Ils elurentpour maire, gouverneur et genöral deleur viile, Jean Guiton , homme d’unevaleur determinee. A peine eut-il 6terevötu de l’autorite atlachöe ä sa place,qu’il assembla les habitans; et prenantun poignard : « Je serai maire, leur» dit-il, puisque vous le voulez absolu-» ment; mais c’est ä condition qu’il me» sera permis d’enfoncer ce poignard» dans le sein du premier qui parlera» de se rendre. Je consens qu’on en» use de möme envers moi, des que je» proposerai de capituler; et je de-» mande que ce poignard demeure» tout exprös sur la table de la chambre» oü nous nous assemblerons dans la» maison de viile. »
Richelieu cependanttravaillait ä blo-quer la place. Par son ordre, on formaune circonvallation qui occupait l’es-pace de trois lieues; on la protegea detreize forts, flanqu^s de redoutes, etgarnis d’artillerie. Mais le grand pointetait de fermer le port, afin d’arröterles secours qui pourraient venir d’An-gleterre. On essaya d’enfoncer despieux pour en embarrasser l’entree,