DE LA DEFENSE
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mardchal de Grammont la commandaitsous les ordres du prinee; le comte deMarsin et ie duc de Chätillon rempiis-saient les fonctions de lieutenans-ge-n^raux; le marquis de la Moussaie,M. Darnauld, le comte de Broglie, leChevalier de la Yaliöre, le marquis dela Trousse et le comte de Tavanes, cel-les de mar^chaux de camp. Condes’etablitdans les lignes du comte d’Hur-court, qui, quelques mois auparavant,avait inutilement bloque L(i rida. Laparesse des Espagnols les avait laissesubsister. Le prinee les assura par denouveaux forts, et forma toutes sesdispositions. Des les premieres atta-ques, le Chevalier de la Valiere, qui s’6-tait llattö d’un prompt succbs, fut tuö,et sa mort resta sans vengeance, parcequ’on attendait de jour en jour lagrosse artillerie qui n’arrivait point.Ce delai faisait languir le bouillant ge-neral dans une inaction penible. PourSurcroitde disgräce, la Segrc, grossiepar la fonte des neiges des Pyrönbes,deborda avec tant de violence qu’elleentraina les ponts de communication.A l’instant, Britt, qui suivait d’un oeiljudicieux toutes les demarches, toutesles situations de l’ennemi, qui bpiaittoutes les occasions favorables, sort dela place avec la plus grande partie desa garnison; et, profitant de l’absencedu prinee et du marechal occupes äprendre quelques chäteaux, il fond surle quartier de Marsin, abandonnb ä sespropres forces, et qui avait envove lacavaierie fourrager ä plusieurs iieuesdu camp. Dans cette circonstance fu-neste, Marsin s’arme de tout son Cou-rage, ilse präsente d’un air intrepide ä lagarnison de Lerida , et soutient pendantprbs de deux heures tousles efforts desEspagnols . Animes par l’exemple deleur chcf, lesFranfais fontdes prodiges:ils repoussent le gouverneur, ils atta-
quent, ils renversent quatre cents chevauxembusques dans les masures d’unfaubourg. L'ennemi deconcerte cher-che son salut dans la fuite. Les vaincusse jettentdansla riviere et regagnentäla nage les remparts de leur ville. Ce-pendant Conde revient au camp, reta-blit les ponts et dispose deux attaques.L’une, qu’il conduit lui-möme, em-brasse une vieille eglise, changee enforteresse, et situfe ä deux Cents pasde la ville. L’autre, dirigbe par Gram-mont, est dressbe vers une chapelleegalement fortifiee. Le 27 de mai, lerbgiment de Champagne , precedb desvingt-quatre violons du prinee, ouvrela tranchee en plein jour, avec toutesles dbmonstralions de la joie et de l’es-pbrance. Tout rbpond d’abord auxvooux des assiegeans. Lesprogres sontrapides, l’oflicier, le soldat mbme, ani-mbs par le succes, se livrent avec ar-deur aux travaux de la guerre, queleur general partage avec eux; maisbienlöt tout change. Le ddcourage-ment succbde tout a coup ä cette alle—gresse; les obstacles qui se rencontrenta chaque pas dissipent l’illusion. Envain le prinee prie et menace, en vainil punit et rbcompense: le guerrier im-mobile se refuse ä d’inutiles fatigues.Britt, qui avait vu tranquillement lespremieres approches des Fran^ais,s’aperfoit qu’il est temps d’agir. Il re-double le feu de son artillerie et de samousqueterie. Il prepare chaque jourdes sorties terribles et meurtrieres.Plusieurs fois il nettoie la tranchee, ildetruit les travaux, il renverse les bat-teries. Dans l’une de ses actions, quifut la plus sanglante du sibge, ii seprbeipita snr la tranchee de Conde,suivi de plus de la moitie de sa garnison;en moinsde quelques minules, il massa-cra tous les mineurs, brtila les fascinesencloua le canon , blessa a la töte e.