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Tome cinqième.
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DBS PLACKS FORTES.

prit M. Darnauld. Deja le rögimentsuisse de Bromme, effrayö d’un sigrand desastre, avait abandonne tousles postes, lorsque Conde accourt, lui,quatriöme. D’abordil force lesSuisses,a grands coups d’öpee, de retourner äla tranchee : il dögage Darnauld, re-gagne ä döcouvert, et sous le feu prodi-gieux de la place, tous les postes aban-donnös. Enfin il oblige le gouverneurä chercher un asile dans Lerida . Cettevictoire est d’autant plus remarquablequ’elle fut remportee par ces mömesSuisses qui, peu de momens aupara-vant, avaient paru si epouvarites.

Le prince, aprescetexploitglorieux,se Mta de retablir les ouvrages. Cinqjours entiers furent employes ä cetravail; et Ton se porta aux attaquesavec une nouvelle ardeur. Brilt, eton-nö de tant de constance, resolut detout hasarder pour arröter les progresqui pouvaient bientöt lui devenir fu-nestes. Le 11 de ce mois, entre midi etune heure, c’est-ä-dire dans l’instantmöme que Conde quittait la trancheepour aller diner chez le comte de Mar-sin, au-delä de la Sögre, la garnisonpresque entiere sort de Lerida , ettombe sur le regiment de Montpouil-lon ä la töte duquel le marquis de laMoussaie gardait les travaux. Le suc-cös des assieges fut rapide. Une partiedu regimentest taillöe eri pieces, l’aulreechappe par une prompte retraite. LaMoussaie defend presque seul la balte-rie, n’ayantd’autre espoir que de perirl’öpöe ä la main. Au bruit effroyablequi se fait entendre, le prince, pret äpasser la riviöre, s’arröte, pröte l’o-reille, distingue des clameurs, en de-vine la cause, donne ses ordres etcourt ä bride abattue vers la tranchöedont l’ennemi ötait le maltre. Le pre-mier objet qui frappe ses regards, cesont ces mömes Suisses qui, dans une J

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autre occasion, avaient pris la fuile, etqui, dans celle-ci, reparaient leur hon-neur par des faits d’armes heroiques.A la vue du prince, ils remplissentl’air de cris d’allegresse. Leur ardeurguerriöre se raniine • et, dans la joied’avoir Conde pour temoin de Ieurs ex-ploits, ils temoignent tant d’audace etde fiertö que ce grand genöral n’eutbesoin que de leur secours pour triom-pher des Espagnols et regagner lespostes perdus. Cependant l’infatigableBritt, dangereusement blessö, se fai-sait trainer en eliaise sur les rempartset ä la breche, encourageant le soldat,plus encore par ses actions que par sesparoles, augmentant sans cesse le feude son artillerie, paraissant, enfin de-termine ä s’ensevelir sousies debris desa place. 11 avait rassemble une si pro-digieuse quantitö de feux d’artifice etde grenades, qu’il vint ä bout deuxfois de brüler la galerie des assiegeans.Elle ne fut retablie qu’avec beaucoupde peine. Une si opiniötre resistanceavait tellement decourage rinfanleriefranpaise qu’elle s’cnfuyait des qu’elleentendait le funeste cri d 'alerte A lamuraille! qui partait de la place, etqui etait toujours suivi d’un sanglantcombat.

Toutefois, malgre la defense heroV-que du gouverneur, il est constant queLerida eüt succombe, si le prince eütre?u de la F rance le nombre de trou-pes et la quantitö de munitionsqui luiavaient ete promises ou möme si ladösertion, causee par l’exces des cha-leurs et des fatigues, n’eüt ruine l’ar-mee. Döja il etait venu a bout defaire breche ä la muraille de la ville etä celle du chäteau. Tout ä coup il ap-prend que l’armee espagnole, une foisplus nombreuse que la sienne, s’ap-proche pour le combattre. 11 n’y avait',pas ä deliberer; il fallait, ou empörter