DE LA DEFENSE
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la place d’assaut, ou sc resoudre ä le-verlesiege, cruelle alternative! Conde,que l’Europe s’etait accoutumee ä re-garder comme invincible, doit-il cederäun ennemi qu’ilatantde fois vaincu?Hasardera-t-il un assaut avec des trou-pes consternees? et s’exposera-t-il ä lamßme deslinee que d’IIarcourt, pour6tre ensuite le triste temoin de la pertede la Catalogne ? Cette derniere re-flexion decide le magnanime general.L’amourde la patrie l’emporte sur celuide la gloire. II assemble ses capitaines,et leur expose son projet. Cette resolu-tion dtait desirde depuis long-temps,eile fut applaudie; et l’on se disposa äla retraite avec tous les transports dela joie la plus vive. On la fit heureuse-ment, le 17 de juin; et Britt, qui etaitsorti de Lerida avec toute sa garnison,n’osa attaquer l’arriere-garde. Ce capi-taine , durant tout le cours du siege,s’etait distinguö par des procödös ge-nereux. II ne laissa passer aucun joursans envoyer des rafraichissemens auprince; et, quand ce heros eut aban-donne son entreprise, il lui ecrivit qu’ilse serait fait une vikitable joie de luiapporter les clefs de Lerida , si son de-voir ne l’eüt force de ne les remettrequ’entre les mains du roi qui lui enavait confie la garde.
Sißge de Candie par les Turcs , en 166",
Les Turcs, moins formidables, il estvrai, que sous Mahomet , Selirn et So-lirnan, mais dangereux encore, assie-gerent regulierement Candie en 1667.Quelques galeres de Malte et du Papefurent les seuls secours fournis auxVenitiens contre uue inondation desoixante mille Turcs, dans une ile re-putee le boulevart de la chretiente.Mais eile avait un digne rempart dansje courage et la valeur du noble Mori-
sini, göneralissime des Venitiens. Il ysoutint cinquante assauts, plus de qua-rante combats Souterrains, et eventaplus de cinq cents fois les mines desassiegeans. En vain le grand-visir Kiu-perli tenta de corrompre ce grandhomme, en lui proposant de le faireprince de Valachie et de Moldavie ; ilfut insensible ä ces offres. Louis XIV donna inutilement aux autres princesl’exemple de secourir Candie. Ses ga-leres et ses vaisseaux, nouvellementconstruits dans le port de Toulon , yporterent sept mille hommes, com-mand6s par le duc de Navaille, secourstrop faible dans un si grand danger,parce que la gdnerosite frangaise nefut imitfe de personne! La Feuillade,simple gentilhomme fran(;ais, fit uneaction qui n’avait eu d’exemple quedans les temps de la chevalerie; il con-duisit, ä ses döpens, pres de trois Centsgentilshommes ä Candie, quoiqu’il nefüt pas riche. Si quelque autre nationavait fait pour les Venitiens ä peu prbsautant que la France , Candie aurait pu6lre delivree; mais ces faibles secoursnc servirent qu'ä retarder sa prise. Leduc de Navaille, voulant signaler sonentree dans la ville par quelque actiond’eclat, fait resoudre une sortie qu’ilexecute avec ses troupes. Les commen-cemens de cette entreprise sont trösbrillans. On d6truit les travaux des as-siegeans, on encloueleurs canons. onforce leurs lignes; les Turcs, surpris,vont se noyer dans la mer, ou se rtüfu-gier dans des montagnes peu eloi-gnees. Les Fran^ais se regardent dejäcomme les liberateurs de la ville. Mal-heureusement leur ardeur excessiveleur ota la victoire. Un soldat, etantentr6, avec sa meche allumee, dans unmagasin ä poudre Souterrain, pratiqueau-dessous des batteries, y met le feupar megarde. Les munitiops, embrä