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Tome cinqième.
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DES PLACES FORTES.

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Sees par cc funeste accidcnt, font seu-ter le bastion avec toutes les troupesqui sont dessus. L’imagination ardentedes Franpais leur fait croire aussitötque tout est mine sous Ieurs pieds; ilsprennentl’öpouvante etfuientdans undesordre extreme. Ce decouragementest remarquö des Turcs qui fondentaussitöt sur les Chrötiens et en font unhorrible carnagc. Dösesperant de sau-ver Candie, le duc de Navaille se rem-barqua avec huit mille Francais en-voyös par Louis XIV en differenstemps. Abandonne de ses allies, Mo-risini capitula en 1669. Le grand-visir,plein d’estime pour son courage, luiaccorda tout ce qu’il voulut. Le 16 sep-tembre, les Turcs prirent possessiond’une conquöte qui leur coüta plus decent mille hommes. Tous les habitansen sortirent, et la garnison enleval’artiilerie. Les Turcs, dans ce siege,se montrerent superieurs aux Chre-tiens, möme dans l’art militaire. Lesplus gros canons qu’on eüt vus en Eu-rope furent fondus dans leur camp; ilsfirent, pour la premiere fois, deslignes paralleles dans leurs tranchees,usage que nous avons pris d’eux,mais qu’ils tenaient d’un ingenieur ita-lien.

Si^ge de Grave par les Hollandais, en 1664.

La ville de Grave (dit M. de Quincy),que le genöral Rabenhaut assiegeaitdepuis ia fin du mois de juillet avec destroupes des Etats-Generaux et de l’e-lecteur de Brandebourg, etait defen-due parM. de Chamilli, lieutenant-ge-neral, officier d’une grande reputation.Le prince de Condö , qui connaissaitsavaleur, et que cette place etait fournieabondamment de tout ce qui etait nö-c essaire pour soutenir uu long siege,me s’inquieta pas beaucoup lorsqu’il

apprit que les ennemis avaient entre-pris d’en faire le siöge, et ne sortitpoint de ses postes d’aupres de Charle-roy. Le genöral Rabenhaut fit ses ap-proches avec assez de facilitö; mais, ämesure qu’il les poussait plus avant, iltrouva une garnison si opiniätre, quepar les frequentes sorties qu’elle fai-sait, on aurait eu de la peine ä dire sic’etait lui qui attaquaii ou qui ötait at-taque, puisque ce göneral ne prenaitpas un pouce de terrain, que les assiö-ges ne le reprissent aussitöt l’öpee ä lamain. Depuis long-temps on n’avait vuune si belle et si longue defense, et lafortune secondant la valeur de M. deChamilli, i! ne se passa presque pointd’occasion oü il ne remportät I’avanta-ge. Cela fit connaitre au general Raben-haut qu’il s’etait trompö, lorsqu’il s’ötaitfiattö de reduire cette place avec le peude mondo qu’on lui avait donnö ; et,comme il voyait que ses troupes di-minuaient tous les jours, il fut obligede prendre le parti de se fortifier dansson camp, pour se mettre ä couvertdes frequentes entreprises de M. deChamilli, qui ne se contentait pas del’attaquer dans ses tranchöes, mais jus-qu’aumilieude ses troupes, Il prit cetteresolution d’autant plus töt, qu’il sa-vaitbien que le prince d’Orange atten-dait tous les jours les troupes de l’e-lecteur de Brandebourg, qui, ayantmanque autraitö fait par le roi, s’etaitlie avec ses ennemis, et que lorsqu’el-les seraient arrivöes, aussi bien que lestroupes de Brunswick , il etait impos-sible que le roi ne fut oblige ü affaiblirl’armöe du prince de Conde pour ren-forcer celle de M. de Turenne qui etaittrös faible sur le Rhin , et que, par cemoyen, le prince d’Orange serait enötat de lui envoyer un renfort de trou-pes pour achever cette entreprise. Ce-pendant M. de Chamilli, profitant du