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Tome cinqième.
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DE» PLACE» FORTES.

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tiers qui foudroyerent la place pendantle reste du siöge.

Gomme on etait dans les plus gran-deschaleurs de l’ete, l’eau fut bientötretiree , et les assiegeans travaillerentavec beaucoup de diligence ä reparerle desordre que le debordement avaitcausö dans les tranchöes. 11s avancö-rent tellement leurs travaux, que M. DuFay ßt savoir ä M. de Luxembourg ques’il n’ötait secouru. il n’y avait pasmoyen de conserver la place; mais,eomme il n’en recevait point de rö-ponse, il vit bien que sa Conservationroulait plutöt sur lui que sur le secoursdu duc de Luxembourg . 11 continua sessorties, dans lesquelles il eprouvaittantöt la bonne et tantöt la mauvaise•ortune, mais qui retardaient toujoursles travaux des Allemands . Un jour,ayant fait un detachement plus fortqu’ö l’ordinaire, il poussa ceux quiavaient la töte de la tranchöe, et fitplier tout ce qui etait devant lui; maisdes troupes, etant survenues au se-cours des assiegeans, l’obligörent de seretirer, apres avoir perdu cinquantehommes, ce qui lui fit prendre le partide ne plus faire que de petites sorties,pour conserver son monde.

Cependant le Rhin deborda encoreune fois, et incommoda beaucoup lesassiegeans; mais les eaux s’ötant ecou-löes eomme la premiere fois, ils reta-blirent les travaux qui avaient ete unpeu endommages, et se virent en etatd’attaquer le chemin couvert, ce qu’ilsfirent le 2 aoüt. Ils enlreprirent celteaction avec de gros dötachemens quiroarcherent en möme temps sur toutle front de l’ouvrage ä cornes. Apresune resistance des plus vives et desplus opiniütres de la part desassiegös,il fut empörte du cöte de l’attaque dumarquis de Bade; les Allemands y fi-rent une perte si considerable, que les

caporaux des rdgimens de Souches, deStaremberg, de Pio et de Grana, quidonnerentde ce cöte—lä, se trouvörentcommandans. Les imperiaux y eurentquinze Cents hommes de tues. M. l)uFay fit le lendemain, pour le repren-dre, une tentative qui ne lui reussitpas, et les ennemis s’y logerer»t entie-rement.

M. le marechal de Luxembourg ,ayant repu du roi l’ordre de mareberau secours de la place., fit, pour y par-venir, tous les efl'orts qu’on pouvait sepromettre d’un si grand general; maisayant reconnu l’impossibilite de forcerles lignes du prince de Bade, il repassale ltliin. Alors M. le duc de Lorrainesomma de nouveau M. Du Fay de serendre, tout espoir d’ötre secouru s’e-tant evanoui. Il lui fit dire qu’il avaitacquis assez de röputalion , en döfen-dant cette place avcc tant de valeurpendant un si long temps, afin de pou-voir obtenir une capitulalion honora-ble, qu’il n’aurait point, s’il tardait ä lefaire. Le gouverneur fit reponse ques’il voulait envoyer quelqu’un, il luiferait voir que par l’etat de sa garnisonet des fortilications de la place, il nepouvait pas accepter le parti qu’il luiproposait, sans risquer de perdre l’es-time qu’il avait eu la bonte de marquerpour lui. Nonobstant cette reponse, ilse voyait consumer tous les jours; et,quoique sa garnison fut de bonne vo-lonte, et le corps de sa place bon, il iuirestait si peu de poudre, qu’il etaitoblige de faire tirer du canon rare-ment. Il trouva moyen de le faire sa-voir ä la Cour, par un homme qu’il iitsorlir; sur quoi, M. de Louvois lui fitdire, de la part du roi, qu’il etait si sa-tisfait de la longue defense qu’il avaitfaite, qu’il pouvait rendre la place lors-qu’il le jugerait ä propos; cette per-mission ne ralentit point sa fernete et