640
DE LA DEFENSE
son courage. Le prince de Bade-Dour-lach, ayaritSait attaquer la partie duchemin couvert dont il n’avait pu serendre maitre, il le defendit avec tantde valeur, que les ennemis ne s’en vi-rent les maitres qu’aprds une actiontres vive et tres longue, et qu’aprds yavoir eu un grand nombre de soldatstuds et blesses : parmi ces derniersdtait le duc Frederic - Auguste deBrunsvick - Wolfembutel, qui com-mandait cette attaque, oü il fut lui-möme dangereusement blessd.
Sitöt que les ennemis se virentmaitres de tout le chemin couvert, ilsy etablirent des batteries pour battreen brdche la demi-lune et l’ouvrage äcornes; ils attacherent ä la demi-lunele mineur qu’ils passerent au moyend’une galerie. Mais les assidges la brü-lererit et tuerent le mineur; en sortequ’ils furent obliges de faire une brechea cette demi-lune avec Ieur batterie;eile fut assez grande le 3 de septembre(1676) pour l’attaquer apres avoir faitlepassage du fosse. Ils s’en saisirent avecmoins de rdsistance qu’ils n’avaient es-pdre; mais ä peine y eurent-ils etd unedemi-heure, que M. Du Fay les enchassa, apres avoir tue une partie destroupes qui la gardaient et qui travail-laient au logement. Les troupes quifirent cette action se retrancherent sibien sur la breche, que, les Allemandsetant revenus une seconde fois pourl’attaquer, y furent rcpousses, ce quicontraignit le prince de Bade-Dourlachde prendre des mesures pour attaqueren mdme temps cette demi-lune et undes demi-bastions de l’ouvrage ä cor-nes; mais M. Du Fay, manquantabsolu-ment de poudre, et ayant repu des or-dres du roi de conserver la vie au rested’une garnison qui avait donnd tant demarques de valeur pendant le coursd’un si long sidge, fit battre la chamade
le 8, au grand etonnement des assid-geans, qui n’ayant pu, depuis troismois de sidge se rendre encore maitresde la demi-lune, eurent de la peine hconcevoir ce qui pouvait obliger desgens, qui venaient de donner tant demarques de valeur et d’opinifltretd, äse rendre si vite.
Le prince de Bade-Dourlach accordaä M. Du Fay les condilions les plus ho-norables qu’il demanda, et quoique laretraite de M. de Luxembourg et lesordres du roi fissent assez connaitreaux assiegds qu’on ne songeait plus äles secourir, M. Du Fay ne laissa pasd’obtenir qu'on mit ä la töte de la ca-pitulation, qui fut signde le 9 septem-bre, qu’il ne sortiraitde la place que le17, si avant cetemps-lä, eile n’etait se-courue par une armee royale qui y fitentrer mille ou huit Cents hommes aumoins. Il en sortit, le jour marqud,tambourbattant, rnöche allumee, en-seignesdeployees, sa cavalerie l’epdeäla main, avec huit pieces de canon, unmortier et quatre bateaux de cuivre; ilfut conduit ä Haguenau .
Siege de Mastricht par le prince d’Orange,en 1676.
Le prince d’Orange (dit M. de Quincy), etait occupe pendant le sidged’Aire a l’attaque de Mastricht; l’ar-mee avec laquelle il tenta cette entre-prise dtait composee des troupes deHollande d’Espagne , de Brunswick etd’Osnabruck , de trois rdgimens An-glais et de quelques rdgimens de l’Em-pereur et de Brandebourg: eile se troü-vait plus forte et plus nombreuse qu’ellen’avait encore ete depuis le commen-cement de la guerre; mais l’entrepriseetait difficile, non-seulement a causedes fortifications qui elaient excel-lentes, mais encore eu ögard ä une