DE LA DEFENSE'
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» commc nous auoiis dit cy-deuant au» chapitre des gardes.
» Les soldats doiuent ötre ainsi ar-» mez: a chaque corps, il y en doit» auoir vn nombre d’armez a l’espreuue» du mousquet; comme par exemple,» au premier cent, je voudrois qu’il y» en eust vingt ainsi armez, et aux au--» iresqui soustiendroient, autant ä cha-» que corps, y en avant tout autant ä» chaque altaque; il y en faudroit pour» trois, cent octante, si on en auoit de» reste, on les bailleroit au corps de» reserue. Il seroit necessaire qu’il y» eust tout autant de rondaches, qui se-» roient portdespar ceux qui ne seroient» pas armez; au deffaut d’iceux, on» pourroit porter des mantelets ä l’es-» preuue du mousquet, pour en faire» ä vn instant vn parapet tout autour» de la bresche: or parce qu’il faut» qu’ils soient fort epais pour estre ä» l’espreuue, et par consdquent dilfici-» les a manier; je voudrois les faire» fort estroits de six ou huit pouces,u hauts de quatre pieds, auecdes trous» pour tirer; on les mettroit les vns» contre les aulres, afin de tenir ä cou-» uert tous ceux qui seroient ä la def-» fence; les soldats, outre leurs epees,» auront des piques fortes, et quel-» ques-vns auec des crochets pour jet-» ter par terre, ou attirer ä soy, ceux» qu’on pourroit accrocher des enne-» mis; les pertuisanes et hallebardes» seroient aussi fort bonries.
» On entre-meslera vn piquier et vn» mousquetaire, et en quelques en-» droits on mettra les mousquets ä» croc, et les deux tiers des mousquets» qui seront autour de la bresche, je» voudrois qu'ils fussent, fort courts*» s$avoir de deux pieds, ou deux pieds» et demy, ayant vn pouce ou dauan-» tage de calibre, chargez de plusieurs* bailes; et la raison est, parce que les
» tirs sont forts courts, et tirant dans» vne meslee, cette quantite de bailes» endommageroit grandement les as-» saillans. Les autres mousquets, les» mousquets ä croc et piöces courtes» seruiront pour nuire ä ceux qui se-b roient armez ä l’espreuue des mous-» quets ordinaires: parce que j’en-» tendsque les mousquets des garni-» sons soient plus forts que ceux qu’on» porte ä la Campagne, tellement qu’il» n’y ait point d’armes, ou bien peu ä» l’espreuue de ces mousquets.
» Les pieces courtes que nous auons» dit, et les pierriers qui se chargent» ä boete, seront logez <ä coste de la» bresche, aux lieux oü ils ne pour-» ront estre ny vus ny rompus par les» canons des ennemis: les mortiers a» jetter les feux d’artifice seront aussv» en lieux couuerts, et toutes les autres» inuentions qu’on aura presparces» pour deffendre la bresche , seront» mises aux endroits qui ne sont poiril» descouuerts, desquels on se seruira» comme nous le dirons cy-apres.
»En cette occasion on peut voir» clairement combien sont necessaires» et vtiles les orillons; car outre les ad-» uantages des flancs couuerts pour» rompre les galleries auec les trois» pieces de reserue que l’ennemy ne» s^auroitdesmonter; sfauoir, l’vne au» flanc haut, l’autre au flanc bas, et»l’autre ä la fausse braye, encore» qu’elles ne descouurent que la face» du bastion, aussi ne peut-on les» gaster, si on ne löge les batteries» lä-dessus; et lorsque l’ennemy vient» ä l’assaut pour se loger dans la bres-» che, il n’y a personne qui ne voyeb comme on peut faire passer le temps» aux assaillans auec ces trois pieces •» on les tiendra donc toutes prestes, etb quantite de cartouches pour les re-» charger promptement; au lieu de