DES PEACES PORTES.
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» balles seules, o» y mettra des cbais-» nes, ferrailles, barres de feretaulres» blocailles.
» Tout estant dispose en bon estat,
» et tous les lieux attaquez, garnis ega-» lement, et le reste de la place gardd » par le nombre des soldats necessai-» res, lorsqu’on verra que l’ennemy» veut faire joüer la mirie, ce qu’on» connoistra par les indices que nous» auons dit, on fera retirer tous les» soldats, qu’il n’y ait personne sur le» bastio-n, se tenant un peu ä l’escart;» lorsqu’elle aura joüe, on s’appro-» chera, se couurant sur le bord de la» bresche, auec des sacs ou hottes, ou» barriques, ou mantelets; mais il ne» faut pas se haster de se presenter,» parce que les ennemis auront sans» doute pointe tous leurs canons pour» tirer sans cesse contre la bresche, afin» qu’on n’y vienne ä la deffence; c’est» pourquoy on se tiendra aux costez» ou aux retranehemens qui descou-» vriront dans icelle; cependant il faut» que l’ennemy passe le fossd a des-» couuert, ä cause que la gallerie sera» rompue et couuerte du debris de la» muraille; c’est lors, que ceux des» flancs doiuent faire leur deuoir ä» force de tirer des coups de mous-» quets, et de canons, des qu’ils com-» menceront ä les descouurir : comme» ils s’approcheront, ceux qui seront» ä la deffence de la bresche les sa-» lueront de leurs mortiers, pierriers,» canons courts, mousquets et autres» armes qu’ils auront presparees : a» mesure qu’ils s’approcheront et qu’ils»tascheront ä monter, on jettera les» feux d’artifite, grenades, bombes, et» tels autres que nous auons dit cy-» dessus : les pierres voleront conti-» nuellement, jettees par ceux qui» seront plus arriere ä couuert; s’ils» s’efforcent a monter plus haut, on
» opposera les mantelets, les ronda-» ches, les piques, et toute sorte d’aur» tres armes, les huiles bouillantes, les» artifices, et la recharge des boetes» continuera tousiours, tellement que» tout le lieu soit continuellement en» feu; les mousquetaires, tout aussi-» tost qu’ils auront tir6, se retireront» pour recharger, et feront place aux» autres qui seront tous prests : si l’en-» riemy opiniastre le combat, il faudra» rafraischir ceux-ci, et faire aduan-» cer les autres frais, qui sont plus ar-»riere, qui s’opposeront ä ceux que»l’er.nemy enuoyera de nouueau.
» Quand on a soustenu le premier» choc, il faut bien espdrer du reste;» car il faut croire que ce sont les plus» hardis, et les mieux armez; lorsqu'pn» sera dans l’effort du combat, on fera» joüer quelques barils foudroyans, ou» bien si on auoitpu appresteir quelque» fougasse, comme lorsque la bresche» se fait auec le canon , on y donnera» le feu : les bombes et autres artifices» qu’on fera rouler dans la foule, fe-» rontun tres grand effect: on fera tout» agir sans cesse; si l’ennemy se retire» pour reunir et donner lieu au canon» de tirer contre les nostres, ils se met-» tront aussitost ä couuert, ä costö ou» dans les plus proches retranehemens,» et s’ils reuiennent, on les receura en» la mesme fa^on qu’on aura fait la» premiere fois.
» Les ennemis rencontrant vne si» asseuree rdsistance, se contenteront» pour cette fois de se loger sur la» bresche, se couurant auec des ga-» bions et planches; alors les canonsd qui seront aux flancs, tireront conti-» nuellement lä-dessus, et du haut de la» bresche on fera rouler ou descendre» les mesmes artifices que nous auonsi » dit pour rompre la gallerie, jusquesI » ä ce qu’on les aura fait desloger; et