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Tome cinqième.
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DE LA DEFENSE

» en mesme temps la nuit on resparera» ia bresche Ie mieux .pi'on pourra,» en escarpant la montee et y faisant» plusieurs palissades, et vn fosse au» haut, laissant autant de terre qu’il» faut pour estre ä l’espreuue du ca-» non, lequel sera sans doute en angle» renlrant comrae est tousiours la bres-» che, afin que tout soit flanquö: on» mettra aussi en bon estat les retran-» chemens qui seront plus arriere, y» faisant des palissades au deuanl, et» toutes les deffences qui peuuent em-» pescher l’approche ä l’ennemy, et» arrester ses elforts. Icy on remar-» quera que les flancs. fichans ont vn» grand aduantage, parce qu’ils des-» couurent dans les logemens que l’en-» nemy fait dans la bresche, ce que les» rasans ne sgauroient faire.

» Parce que 1«3 feux d’artifice sont» vne des principales piöces et des plus» neccssaires pour la deffence d’vne» bresche, je diray le moyen de s’en» seruir, sans tomber aux accidens qui» arriuent ordinairemcnt: ceux qui» auront Charge de les gardcr, se lien-» dront ä couuert plus arriöre, les met-» tant en des lieux couuerts; et lors-» qu’on s’en voudra seruir, ceux qui» les doiuent jetter les prendront des» mains d'autres, qui les prendront de» ceux qui les ont en garde, et qui leur» porteront: pour les jetter, ils s’ad-» uanceront sur le bord de la bresche,

» et les ayant jettez, se retireront tout» aussitost pour en aller prendre d’au-» tres.

» Les grenades dans les pots de terre,

» achevez de remplir de poudre, et des» mesches allum6es autour, sont bon-» nes pour jetter dans les bresches,

» parce qu’elles prennent immediate-» ment, et les pots tombent ä terre ets se cassent; mais il faut estre bieni rniföH äles raanier, car si on les laisse |

» choir, eiles feront autant de mal aux» nostres, comme jettees ä propos, en» font aux ennemis. Je donneray dans» mes artifices quelques inuentions» pour faire prendre les grenades im*» mediateinent comme eiles tombent.

» Que sy on est contraint d’abandon-» ner la bresche, on se retirera aux»plus proches retranchemens pour» faire nouuelle deffence ; cependant,» s’il est besoin, on enuoyera querir» du secours de ceux qui sont dans la» place d’armes, ce qui toutesfois ne» sera plus Iors necessaire; car apres» auoir fait vne bonne rösistance ä la» bresche, et ayant vn retranchement» fait ä propos, l’ennemy ne hazardera» pas le reste de ses soldats, et ne les» fera pas donner ä descouuert contre» vn lieu bien fortifie, et quand il le» feroit, asseurement il n’y gagneroit» rien, parce qu’il y aura palissade,» fosse, bons (laues, armes et artifices» de toute sorte, et gens frais pour les» deffendre.

» Pour s’aduancer, il se seruira de» la mine ou de la sape; la nuit d’npräs,» comme il presparera ses logemens et» recommencera l’attaque, il faudra» faire vne sortie, et porter les instru-» mens et machines n^cessaires, pour» rompre et brusler les logemens des-» quels nous auons parle aux sorties,» et comme il faut rompre la gallerie.

» Lorsquel’ennemyattaquera les re-» tranchemens, on fera les mesmes re-» sistances qu’on a faites ä la bresche» et aux dehors, a quoy on aura beau-» coup plus d’aduantage; parce qu’as-» seurement apres tant d’efforts faits, il» faut que les plus courageux ayent» este tuez, et si les autres sont rebu-» tez, ils ne voudront pas retourner» aux attaques, et si on les y con-» traint, ils ne feront rien qui vaille;» car veritabieroent dans vne arm6e,