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Tome cinqième.
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681
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DBS PLACES FORTES. 681

» ce n’est pas le nombre qui fait la» force, mais c’est le nombre des gensb de cceur, et lorsqu’il n’y en a plus, il» ne faut rien craindre, on räsistera fa-» cilement aux autres.

» Le gouuemeur qui veut faire tout» ce qu’vn homme de bien peut faire,b doit se deffendre jusques ä ce qu’il» n’aura plus de quoy se couurir; ce-» pendant qu’il aura soustenu ces lieux

que nous auons dit, il aura eu loisir» de faire ses retranchemens gene-» raux, dans lesquels il doit encore» faire vne nouvelle deflence , encore» que ces ouvrages ne puissent pas» estre si forts, estant nouvellement» faits; aussy les ennemis sont les plus» foibles, leurs canons gastez, et es-» ventez ä force de tirer; les munitions» consommües, et toute l’armee lassde,» la disposition et l’ordre de la deffence» seront les mesmes que nous avons» dit. Vn gouuerneur ne doit jamais» parier de capituler qu’alors que le» prince lui commande, ou qu’il man-» que de lieu ou de terre pour se» couurir, ou de soldats, ou de mu-» nitions.»

On sent qu’ä cause du perfectionne-ment des armes, il y a quelques modi-Scations ä faire ä ce que dit, dans toutce chapitre, le Chevalier de Yillc; maisle bon sens indique suffisamment cesmodificalions.

Peut-Ütre n’insistc-t-il pas assez surl’emploi des chausse-trapes; c’est uneexcellente defense en pareilles circons-tances, parce qu’elle est exträmementportative, et qu’elle enj^arrasse, plusque toute autre chos», la marche del’ennemi; il faut en couvrir la bräche.Le canon müme n’a presque aucuneprise sur ces petits corps pointus;et, lorsque la bräche en est convena-blement couverte, il faut ä I’ennemiqn temps considerable pour le? en~

lever, de quelque maniäre qu’il s’yprenne.

On doit egalement employer cettearme defensive , avec profusion, au-devant des nids-de-pie et des petitesplaces d’armes que fait I’ennemi poursoutenir ceux de ses soldats qui sontdestinüs ä soutenir la töte des sapesauhaut de la bräche; car ils ne pourrontpasser que diflicilement et träs lente-ment par-dessus toutes ces pointesütendues sur une grande largeur, pourarriver au secours de leur töte de tran-chüe attaquee ä l’improviste, eile seraculbutee, leurs travailleurs tuüs, et laretraite effectuüe avant qu’ils aient pules joindre; et, lorsqu’ils s’en retour-neront, ils eprouveront encore un re-tard qui les laissera long-temps expo-s6s au feu des reduits, des coupures etdes retranchemens.

Les chevaux de frise et les herses defer sont aussi träs utiles; mais ils sontdifliciles ä manier et faciles ä romprepar le canon : j’aimerais mieux em-ployer, ä leur place, des esphces d’d-toiles a six pointes, pesant depuis dixjusqu’ä trente livres chacune, pourqu’un seul homme puisse la porter etla placer tout de suite oü il faut. On enpourrait garnir le haut de la bräche aumoment de l’assaut, chacun des soldatsportant une ou deux de ces espfccesde herissons qu’il placerait devant lui,oü, en les encherätrant les uns dansles autres, ils formeraient une sorted’abattis.

Pour faire une de ces ütoiles, il n’ya qu’ä prendre trois petites büches äbrüler, soit de brin, soit fendues, dedeux ou trois pieds chacune, ou desbätons gros comme le poignet, et lesassembler perpendiculairement les unsaux autres, en les encastrant ä mi-bois, et les arrätant avec de grandsClou?, ei««; boulons, ou räulement dos