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PROMENADE
O squelette effrayant, dont la faim dévorante,Engloutit des humains la dépouille sanglante.
On prétend que c’est des Egyptiens quenous avons pris l’idée de personnifier lamort sous cetLe image ( 10 ). Ils avaient cou-tume d’exposer ces spectres décharnés auxyeux de leurs convives, dans les salles defestin. Cette manière de décorer une salleà manger, me parait très désagréable. Lesfermiers Généraux meublaient Jcs leurs detableaux de Wateau, de Lancret , de Boucher&c. Cette mode serait plus de mon goût.Les Grecs qui dans leur mythologie onttoujours sacrifié aux grâces, et nous ontsouvent offert des images riantes des chosesqui l’étaient le moins ; ont pris pour sym-bole de la mort, un génie ailé qui s’appuiesur une colomne brisée, en croisant les jam-bes , image naïve de la destruction et du re-pos. Dans cette attitude ce génie éteignaitle flambeau de la vie en le renversant surla poitrine d’un homme étendu à ses pieds,tandis qu’un papillon prenant l’essor, dé-signait l’âme qui s’envolait aux Champs Ely-sées. On ne peut s’empêcher d’applaudir 4une allégorie aussi gracieuse.