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Tome premier.
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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS

maroquin rouge, majestueusement alignés autour des tables de marqueterie, dans lesilence d’une retraite paisible.

» Cette précieuse collection fut encore accrue par les soins des deux successeurs duprésident de Versalieu dans la propriété de la maison de Dijon , son fils Jean, et son petit-fils Philippe. Celui-ci maria sa fille unique à mon arrière-grand-père, et lui laissa lamaison. La dernière des Boubier, héritière de leur nom et de leur distinction d’esprit,réunit dans ces appartements, que vous avez dessinés, une société d’élite composée desbeaux esprits de la province : son salon eut une réputation dont le souvenir s’est con-servé dans les traditions littéraires de la capitale bourguignonne. Mon bisaïeul venait ypasser les loisirs que lui laissaient le service du roi et les séances des états de Languedoc ;il y retrouvait son frère, J.-J. Frauçois de Vogué, quatrième évêque de Dijon , succes-seur, lui aussi, de deux Bonifier, sur le siège épiscopal du nouveau diocèse. L’hôtel avaitchangé de nom en changeant de famille : il appartient aujourd’hui à mon oncle, lecomte Charles de Vogüé .

» Voilà, monsieur, en quelques lignes, l’histoire de ces vieux murs : histoire qui meparaît en harmonie parfaite avec le caractère et l’aspect de la construction. Ne voussemble-t-il pas que cette habitation à la fois modeste et grandiose, cette architecture unpeu massive mais solide et puissante, cette ornementation abondante mais sans faste,ces larges cheminées, ces meubles indestructibles, cette riche et commode bibliothèque,tout ce luxe de bon aloi rappelle l’existence à la fois large et intelligente de la famillequi a vécu là pendant deux siècles? N’est-ce pas la demeure d’une de ces races qui per-sonnifiaient, dans l’ancienne France , l’esprit de province; cet esprit né de la fierté dusang et de la vigueur de l’éducation, indépendant sans révolte, soumis sans servilité, etqui savait allier au soin assidu des affaires publiques la culture littéraire, le goût dessciences et des arts? De cet esprit, que notre époque ne veut plus comprendre, il ne resteguère que les monuments qu’il a créés et auxquels il a attaché son empreinte : vous entrouverez encore beaucoup, dignes de votre crayon ; vous trouverez aussi quelques-unesde ces familles, héritières de traditions locales, qui s’efforcent de les continuer en appli-quant aux conditions de la vie moderne des sentiments qui sont de tous les temps, l’in-dépendance du caractère et le dévouement à la chose publique. Les Bouhier ont disparu,mais il reste d’eux des oeuvres littéraires, des monuments de pierre que votre habileburin va faire revivre, et une mémoire qui ne périra pas, tant qu’il y aura en France des hommes pour honorer le talent, le travail et la vertu, monumentum œre perennius,

» Croyez, monsieur, aux vœux bien sincères que je forme pour le succès de votreintéressante publication, et à mes sentiments les plus distingués.

» Le Pesecm, 15 novembre 1861. »

» Melchior de Vogüé .

Il résulte, entre autres choses, des faits mis à notre connaissance par M. le comte deVogüé, que les dessins et peut-être la construction de l’hôtel de la rue Notre-Dame