26 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS
position si savante, qu’on la croirait volontiers élevée sous Henri II , pendant les bellesannées de la Renaissance.
La remarquable notice historique, due à M. le comte de Vogüé, abrégeant assez con-sidérablement notre tâche, il ne nous reste plus guère maintenant, pour achever nosexplications, qu’à parcourir le vieux logis, aidé de nos gravures et des figures dans letexte qui les complètent. Ce sera, pour nos lecteurs, chose facile que de nous suivre àtravers les vastes appartements de l'hotel, et ils pourront le faire sans quitter pour celale coin de leur foyer.
En jetant les yeux sur le plan général de l'iiôtel de Vogüé, on est assez désagréable-ment surpris des nombreuses irrégularités qui s’y trouvent, et auxquelles nous nesommes plus habitués de nos jours. On ne peut s’empêcher, par exemple, de regrettervivement, de déplorer même, que les exigences de la voirie dijonnaise aient obligé de con-struire obliquement l’aile gauche de l’hôtel. 11 est facile, en outre, de s’apercevoir quetoute la partie inférieure de cette aile a dû être refaite au commencement du xvm e siècle,lorsqu’on fit, pour l’usage des voitures (en C du plan général), le passage conduisant à lacour postérieure (1). Cette irrégularité et ce remaniement subis par l’aile gauche ne lais-sent pas que de déparer assez considérablement la façon principale. L’inconvénient cessebien un peu d’exister sur notre gravure (voy. pl. 2) ; mais malheureusement il se voitparfaitement dans la réalité.
Le plan de Y hôtel de Vogüé ne saurait donc être proposé comme modèle ; si nousl’avons gravé à une assez grande échelle, c’est presque uniquement pour servir à l’expli-cation du texte et compléter, en quelque sorte, la monographie générale. Cependant,tout défectueux qu’il puisse paraître comme distribution, ce plan n’en possède pas moinscertaines qualités qu’il serait bon d’étudier. Ainsi, la cour principale ou cour d’honneurmontre une disposition heureuse que l’on voit assez souvent reproduite dans les hôtels duxvn e siècle et même du siècle suivant. Les deux portes, percées obliquement dans les anglesde la cour (2), produisent aussi un excellent effet, dû peut-être, il est vrai, à la façon ingé-nieuse et gracieuse dont elles sont décorées (voy. pl. 11). Quant au portique d’entrée,reliant les deux ailes de la façade, il est l’unique exemple de ce genre que nous ayonsété à même de voir : plusieurs anciens hôtels de Dijon montrent bien des dispositionsanalogues, et calquées, pour ainsi dire, sur celles-ci ; mais, s’il existe forcément uneouverture au milieu de ces galeries de jonction, souvent terminées par une terrasse, lesdeux extrémités en sont généralement occupées, soit par une loge de concierge, soit partoute autre pièce d’utilité ; nulle part on n’a su, comme à l’hôtel du conseiller Bouhier,en faire une véritable galerie, et la partie la plus pittoresque, la plus richement décoréede toute l’habitation.
(1) Il devait être impossible d’introduire, avant cette addition, des voitures dans ce vieux logis. Les bâtiments ayantété construits à une époque où il était encore d’un usage général, surtout dans la magistrature provinciale, de se servirde mules et de chaises à porteurs, on a pu négliger sans inconvénient une chose qui serait indispensable aujourd’huidans un hôtel de cet ordre.
(2) L’une de ces portes est feinte et n’existe que comme décoration (voy. le plan général).