PALAIS, CHATEAUX ? HOTELS ET MAISONS,
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cette imitation était trop générale, son influencé trop certaine, trop directe, pour quel’on songeât à conserver la vieille forteresse féodale; ses matériaux servirent seulementà bâtir les nouvelles constructions. Le désir d’édifier sur les fondations primitives alla siloin, cependant, que l’on ne recula pas devant une irrégularité que des changements,des modifications faites depuis, n’ont pu faire disparaître entièrement. Ne devons-nouspas, dès maintenant, faire remarquer que le château tel qu’il est aujourd’hui ne fut pasterminé par d’Àndelot? Les guerres de religion pesèrent trop violemment sur la famillede Coligny pour lui permettre d’achever cette belle résidence. Un plus heureux et plusriche propriétaire de Tanlay, le surintendant des finances d’Hémery, la fit ce qu’elleest à cette heure. 11 faut en excepter cependant la construction appelée vulgairement« le petit château » (en B du plan général), et qui fut élevé en 1610, par JacquesChabot, marquis de Mirebeau, comte de Charny, lieutenant général au gouvernementde Bourgogne . 11 y a donc quatre époques bien distinctes dans la construction desdiverses parties du château de Tanlay. La forteresse primitive dont il ne reste que lesfondations, la partie élevée par d’Andelot en 1559, celle du surintendant d’Hémery, etenfin la construction inachevée de Jacques Chabot. Désignons d’abord ce qui appartientau plus jeune des Coligny dans cette œuvre immense ; et, pour la mieux préciser, jetonsun regard sur les plans gravés planche I.
La partie élevée par d’Andelot est celle que nous voyons à gauche du plan, et quis’étend, depuis la tour d’angle D, dite tour de la Ligue (1), jusqu’au vestibule F,occupant le centre de la façade sur le parc, c’est-à-dire jusqu’à la quatrième fenêtre
seulement. De l’autre côté de la tour, la construction s’arrête à la troisième fenêtre.
en J du plan. La tour à pans, placée dans l’angle rentrant des deux ailes, tour quicontient un large escalier, en fait aussi partie. Tout le reste, à l’exception du « petitchâteau », appartient à d’Hémery, et n’est guère, quant à l’extérieur, que la copiesouvent malheureuse, toujours massive et lourde, de la partie élevée au xvi c siècle.
La part de chacun faite dans les diverses constructions du château de Tanlay, reve-nons aux Coligny, dont le séjour a laissé des traces si vivantes, si palpables encore dansla demeure seigneuriale que nous décrivons.
«D’Andelot, dit M. Chailloux des Barres (2), quoique le plus jeune des trois frères,exerça constamment sur l’esprit de ses aînés une grande influence. Ayant perdu lepremier sa foi comme catholique, il chercha à convertir au protestantisme, d’abordOdct de Coligny, cardinal de Châtillon, successivement archevêque de Toulouse etévêque de Beauvais . Scs tentatives ne furent pas vaines ; car, dès la première guerrecivile, le cardinal abandonna avec éclat le catholicisme. Pie IV l’ayant rayé de la listedes membres du sacré collège, il ne garda plus alors de mesure, et il épousa publiquc-
(i) Cette dénomination donnée après coup à cette tour ne s’explique guère. La Ligue, chacun le sait, fut une confédé-ration du parti catholique qui ne commença que vers 1575. La tour ainsi nommée était bâtie depuis longtemps à cetteépoque ; les trois Coligny étaient morts aussi, et de plus n’avaient point appartenu à l’opinion qui fit adopter la Ligue.Mais plusieurs historiens prétendent que cette tour reçut plus tard cette dénomination comme pour eü'acer le souvenirde la rébellion. De cette façon les choses peuvent à la rigueur s’expliquer.
2) Les Châteaux d’Ancy-le-Franc, de Sainl-Fargeau, de Chastellux et de Tanlay , p. 11)7.