MAISON DU XVI e SIÈCLE
La ville de Dijon , nul ne l’ignore , renferme un nombre considérable de monu-ments de toutes sortes, dus à cette puissante et féconde école bourguignonne quia laissé de si larges traces dans l’histoire des arts. Dès le xn e siècle, la Bourgogne ,en effet, montrait déjà, dans les monuments élevés sur son sol, cette verve, cettehardiesse, et surtout cette profusion décorative qui les caractérisent, et que l’on con-state encore dans un autre ordre d’idées, dans les monuments élevés au xvi e etxvif siècles. Nous n’avions pas mission, lors de notre séjour passager dans la vieillecapitale de la Bourgogne , d’y étudier les édifices appartenant à l’art roman ou àcelui du moyen âge. Nous avons dû, à notre vif regret, nous contenter de les admireren passant ; consacrant toute notre attention, tout notre temps, à l’étude de construc-tions plus récentes, dues aux fécondes années de la renaissance et susceptibles detrouver place dans notre recueil. Parmi les monuments civils de cette dernière époque,nous avons remarqué surtout, comme offrant en môme temps une grande variété etune grande abondance dans leur décoration, trois édifices, dont l’un, l’hôtel de Vogüé,
a déjà été publié et décrit précédemment (1), Le second, celui que nous offrons
aujourd’hui, n’est pas, comme importance ni comme richesse, comparable au premier,mais son mérite, nous en sommes convaincu, paraîtra tout aussi incontestable ; deplus, nous le croyons complètement inédit : la lithographie ni la gravure n’ont pas
encore, en effet, tenté la reproduction de cette maison remarquable. Quant au somp-
tueux palais de justice qui viendra compléter plus tard notre choix d’édifices bour-guignons, on sait quel est son mérite.
Il est vraiment affligeant d’être obligé de dire, au début d’une notice, que lesdocuments historiques qui pourraient la rendre intéressante et digne d’être lue,manquent absolument. Ce cas, cependant, est celui où nous nous trouvons à proposde la maison dont nous publions aujourd’hui la monographie complète. Malgré d’ac-tives recherches, nous n’avons pu découvrir, ni à la bibliothèque, ni aux archivesdijonnaises, aucun document, aucun titre qui ait pu nous mettre sur la voie de sonorigine ; et, sans l’obligeance de M. Suisse , architecte du département, qui nous l’a
(1) Voyez la monographie de l’hôtel de Vogüé.
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