CHATEAU
DE
SAINT-GERMAIN EN LAYE
xnr, xiv et xvr siècles
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Il semblerait que l’emplacement naturel de ces monuments élevés à grands frais pardes fortunes royales, et empreints dans leurs lignes et leurs façades de la splendeur deleur origine, sont ces contrées ravissantes où l’on voit réunies la largeur des aspects etla beauté des horizons. Saint-Germain réunit ces différents mérites. Pour les ressourcesroyales employées à bâtir le château, on sait ce qu’on doit penser : Si Paris a été detout temps la capitale du monde politique, la vraie résidence de nos rois apres et avantFrançois I er a été la contrée qui domine la Seine au-dessus du Pecq. Il est donc naturelqu’à toutes les époques, et surtout à la Renaissance, on n’ait rien ménagé pour l’embellir.Quant à l’espace à occuper, on n’avait autour de soi que des arbres et des clairières et ilétait inutile de se restreindre comme on l’aurait fait à Paris à cause des constructions
environnantes. Le beau palais bâti il y a trois siècles nous paraît petit à présent, et ilsemble en vérité qu’il ne devait pas suffire aux besoins de la royauté. En effet, nousverrons Louis XIV écouter à cet égard l’avis de ses courtisans et se transporterà Versailles , afin d’y installer le nombreux personnel (officiers, courtisans, damesd’honneur, domestiques et valets), dont il aimait à s’entourer. Mais les rois ses prédéces-seurs avaient su y trôner sans que leur royauté parut méprisable. A présent que lessiècles ont marché, et que les idées ont grandi, à présent que Versailles lui-mème estabandonné et que Paris est la résidence des souverains comme il en est la capitale,Saint-Germain a démérité sous bien des rapports, mais il y a une chose qu’il a conservée etconservera toujours, parce (pie la nature est éternelle, c’est sa situation exceptionnelle,unique au monde ; des lieues et des lieues d’un pays boisé, légèrement accidenté, s’éten-dant à perte de vue ; des villages, des hameaux, des villes qui en diversifient l’étendue ;des constructions monumentales, allongeant leurs longues lignes coupées à angles droits,et faisant contraste avec l’indécision habituelle aux lignes présentées par les forets ; toutcela vu de haut, de très-haut, et embrassé d’un seul regard ; à vos pieds un grand fleuveavec sa courbe allanguic ; et au-dessus un ciel immense. Voilà l’aspect du beau pays oùse dresse le vieux château royal. Cette vue d’ensemble (pii ravit le spectateur, ne suffit pas