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Tome deuxième.
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CHATEAU DES IFS

(PRÈS FÉCAMP )

XVII e SIÈCLE

I

Lorsquon se dirige sur Fécamp , par la voie ferrée, on rencontre à quelque distancede cette ville la station des Ifs, ainsi nommée dun château fort remarquable dont lesfaçades habilement développées apparaissent au milieu dun vaste parc.

Le château des Ifs vient de subir tout récemment une transformation complète ; ilpeut passer malgré cela pour un des plus heureux exemples de cette noble et gravearchitecture qui prend naissance sous Henri IY, domine dune façon absolue sousLouis XIII et expire dans les premiers temps du règne de Louis XIV , devant lesnouvelles conceptions de Mansart et de ses émules. Malgré la faveur dont semble jouiraujourdhui cette architecture du commencement du xvn e siècle, malgré les qualitésnombreuses quelle renferme, ne doit-on pas lui préférer toujours celle qui la précédée,celle qui brilla dun si pur éclat sous Henri II , Charles IX ét Henri III ? Nous croyonsquil doit en être ainsi : nous nirons pas jusquà dire, par exemple, avec certains appré-ciateurs, quelle se sent de la rudesse et du génie guerrier du roi qui la vue naître, quelleest due à une sorte dabaissement dans lesprit des architectes, en un mot, quelle estvraiment un signe de décadence. Non, mais tout en lui préférant sous tous les rapportslarchitecture de la seconde moitié du xvi e siècle, nous 11e devons pas hésiter à rendrepleine et entière justice à cette période de notre art national, à ce style souvent dignedêtre étudié et ayant en tout cas le mérite dêtre en harmonie avec les mœurs du temps.A nos yeux, un grand nombre dédifices de cette époque, et notamment le château quenous allons décrire, font preuve dun grand caractère doriginalité, procèdent duneinspiration vraie, dun raisonnement sensé. Un peu de lourdeur sy mêle assez souvent ;un certain dédain pour lornementation sy fait parfois sentir ; mais tout cela se trouveamplement racheté par lheureux mélange de la brique et de la pierre, par des lignestoujours bien accusées, bien disposées, par une savante indication des masses et par ungrand air de noblesse et de fierté.

Ces éloges que nous ne craignons pas dadresser à larchitecture dite de Louis XIII , engénéral, conviennent assurément au gracieux édifice dont nous publions la mono-graphie. La partie ancienne, celle que nous reproduisons, est de peu dimportance,il est vrai, et des plus simples comme conception : on 11e peut nier cependant que la