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Tome deuxième.
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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

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question de stratégie l’épée à la main. Tavannes combattit les protestants avec unegrande énergie à Jarnac et à Moncontour, et reçut enfin, lors du mariage de Charles IX ,le bâton de maréchal de France, « par juste récompense de ses travaux, disent lesmémoires, et non par importunités ». C’est peu de temps après que, possédant l’entièreconfiance de la famille royale, il fut nommé conseiller du roi.

Plusieurs historiens, sur la foi de Brantôme, qui le représente courant les rues le jourde la Saint-Barthélemy et criant : « Saignez, saignez ! la saignée est aussi bonne en toutce mois d’Août qu’en Mai », l’ont considéré comme l’un des principaux massacreurs decette funeste journée ; d’autres démentent complètement les paroles et les faits. Il nenous appartient pas, on le comprend, de rien décider dans cette question ; nous nousbornerons à donner, dans cette notice, une sorte de résumé des mémoires pour ce quiconcerne ces événements.

Depuis quelque temps, les huguenots s’assemblaient et préparaient leurs armes ; laguerre paraissait donc encore une fois inévitable. Gaspard de Saulx . appelé au conseilsecret qui devait décider ce qu’il y avait de mieux à faire dans cette grande occurrence,approuva le projet de tuer les chefs du parti, mais les chefs seulement. Il refusa con-stamment de laisser envelopper dans le massacre le roi de Navarre et le prince de Gondé,parce qu’ils étaient trop jeunes ; les maréchaux de Dainvüle et de Montmorency, parcequ’ils étaient innocents. Pour lui, il s’agissait moins de protestants que de factieux ; ets’il consentit au massacre des principaux chefs de la faction protestante, c’est qu’il lejugea, selon l’expression de l’auteur des mémoires, un coup de nécessité. Du reste, ils’occupa de son mieux, disent aussi ces mémoires, à pacifier la France après ce tristeévénement.

En 1572, Tavannes, âgé de soixante-trois ans, fut nommé gouverneur et lieutenantgénéral en Provence , amiral des mers du Levant. Il se préparait à aller combattre larévolte de la Rochelle lorsque, affaibli par les fatigues de la guerre, il mourut dans sonchâteau de Sully, près Autun (1).

Le vicomte de Tavannes nous laisse dans ses mémoires un portrait de son père : « 11avait, dit-il, les cheveux blonds, la barbe rousse, le teint liant en couleur, les sourcilsélevés. Il avait autant d’audace à la cour que sur le champ de bataille. « Ma fortune,

(1) Nous ne résistons pas au désir de reproduire ici l’épitaphe qui se lit sur le tombeau élevé au maréchal de Tavannes,par son fils Guillaume. Cette épitaphe nous a toujours paru extrêmement remarquable : d’abord parce qu’elle est unspécimen précieux de la poésie de cette époque, et, ensuite, parce qu’on rencontre rarement, même dans les pièces de cegenre, un esprit de forfanterie aussi accusé, et en quelque sorte plutôt espagnol que français .

A la mémoire de Gaspard de Saulx , seigneur de Tavannes,Mareschal de France, gouverneur de Provence , admirai des mers du Levant,

qui mourut ce XIX juin M. I). LXXIH.

D’ardiesse, d’assaut, de conseil, de vaillance,

Je défis, je prins, j’aydé, je regagné,Charles-Quint , un milord, Henry, le Dauphiné,A Renty, à Calais , aux guerres, à Vallence.Cinquième mareschal, premier je fus en FranceAdmirai du Levant, j’ay aux mers commandé ;J’ay, lieutenant du Iîoy, la Bourgogne gardé ;J’ay pour lui-même été gouverneur de Provence .

En soixante trois ans que j’ai vescu,

Je n’ai rien, fors la mort, trouvé qu’ait vaincuMa puissance, mon bras, mon bon-heur, ma prouesse ;Dont mon corps, mon esprit, et mon renom aussi,Vieil, heures immortel, gist, revit, court sans cesseAu tombeau, dans les cieux, par tout ce monde icy.

II.

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