20 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
ne forme qu’une salle voûtée en berceau au premier étage. Au xvi e siècle, lors dela reconstruction opérée par le maréchal de Saulx-Tavannes , on comprit cette vaste salledans l’habitation, après y avoir adapté un plafond de bois, à solives apparentes, poséà la naissance du berceau de la voûte. Il n’en reste plus aujourd’hui que les maîtressespoutres, ornées encore par places de gracieuses peintures. Heureusement que la partiela plus intéressante de cette salle, c’est-à-dire l’immense cheminée occupant un de sescôtés, est assez bien conservée. Cette cheminée est sculptée dans une pierre extrêmementfine et avec beaucoup de soin : un riche cartouche se dessine au centre du manteau etcontient les armes du maréchal, soutenues par deux élégantes chimères : un lion passantd’or sur champ d’azur. La décoration polychrome est d’un goût excellent et très-simplement comprise : elle ne consiste qu’en petites parties dorées, telles que les fleurons
de la frise, les denticules de la corniche, les cannelures desconsoles et des pilastres, plus quelques étroits filets horizontaux.Des plaques de marbres de différentes couleurs aident beaucoup,par leur éclat, au bel effet produit par la cheminée entière. Lesplanches 13 et 14, montrant l’élévation, la coupe et les profilsde la cheminée en question, nous dispenseront, croyons-nous,d’une plus longue description. La figure sur bois 14 vientmontrer aussi à une plus grande échelle que la planche d’ensemble un des fleuronsdorés de la frise.
Les profondes embrasures des fenêtres de la salle dorée sont encore couvertes depeintures du xvn e siècle peu remarquables, et qui se composent d’ornements variés,entourant des médaillons : ces médaillons encadrent eux-mêmes des sujets empruntéspour la plupart à la mythologie. Malgré le mauvais état de ces peintures, on distingueencore parmi elles, Daphné changée en laurier, Actéon changé en cerf, etc. Dans l’un despanneaux, on retrouve aussi les armes des Tavannes, unies à celles de la famille deTresmes : ces curieuses peintures ont dû être exécutées, selon toute probabilité, lorsquele château du Pailly appartenait à Jacques de Tavannes, qui avait épousé Louise-Henriette, fille du duc de Tresmes.
Deux galeries, formées d’arcades cintrées, mais détruites à cette heure, conduisaientde la salle dorée à la chapelle, située au premier étage de la tour nord-ouest. Cettechapelle, à laquelle on ne peut parvenir aujourd’hui qu’à l’aide d’une échelle, est deforme circulaire : la voûte hémisphérique qui la couvrait jadis était supportée pardes colonnes cannelées encore en place, entre lesquelles se dressent six statues repré-sentant des vertus, notamment la Foi, l’Espérance, la Charité et la Prudence . Il estregrettable que cette chapelle, Tune des parties les plus intéressantes du château, serveaujourd’hui d’asile à une compagnie de pigeons, qui achève de défigurer les bellessculptures qu’elle renferme.
Voilà à peu près tout ce qu’il reste présentement des richesses autrefois prodiguéesdans cet étonnant petit château qui, comme bien d’autres édifices du même genre, eutbeaucoup à souffrir de la révolution. En 1792, ou peut-être même en 1793, car nous
Fig. 14