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Tome deuxième.
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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

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sommes loin d’être parfaitement renseigné à ce sujet, les habitants du village d’Heuilley-Goton, conduits, dit-on, par un notaire de Langres , envahirent le somptueux château duPailly, dont le maître était alors absent. La bande dévastatrice, pilla, cassa, renversatout ce qu’elle put atteindre : quelques heures après son arrivée, les appartements étaientdépouillés de leurs meubles et de leurs riches tentures ; le plafond de la salle dorée étaitdéfoncé, le bas-relief qui surmonte la porte de l’escalier principal était mutilé ; la statueéquestre couronnant l’extérieur du pavillon, et les autres statues qui s’élevaient surl’attique, couvraient le sol de leurs débris. Les Jacobins champenois allaient vite enbesogne, on le voit, puisque quelques heures suffirent à ces Vandales pour mutileret déparer à jamais un des plus charmants édifices de la renaissance.

Il serait, en vérité, assez difficile de se former une idée exacte de l’importance duchâteau du Pailly, si l’on ne s’aidait d’anciennes et précieuses descriptions : mais celles-cinous apprennent d’une façon positive que le château était « enclos et fermé de muraillesavec fossés bordés de balustres de pierre de taille ; un grand pont et deux petits pont-levis ». La même relation rapporte encore que l’on voyait au milieu de la cour un lioncolossal, de pierre. Il existe aussi dans le pays diverses traditions, plus ou moins étranges,et auxquelles il n’est guère possible d’ajouter foi : l’une d’elles veut, par exemple, quele château ait été primitivement construit sans toitures et terminé par une terrasseà l’italienne : l’attique aurait été surmonté de nombreuses statues dont le chiffres’étendait jusqu’à trois cents. Ce chiffre, d’une exagération fabuleuse, vient donner lamesure de la fausseté et de l’impossibilité de toutes ces suppositions. Du reste ilest, pour toute personne ayant quelques notions de la construction, parfaitement évidentque, malgré les voûtes en maçonnerie pratiquées à tous les étages, le système deconstruction employé ne permettait pas l’emploi de ce mode de couverture si contraireà notre climat, et dont le seul exemple, en France, se voit au château de Saint-Germain-en-Laye. Nous croyons donc que le château des Saulx-Tavannes était tout simplementcouvert par des combles en charpente, d'une pente très-accusée et comme il en existeencore de nombreux exemples. C’est ainsi, du moins, que nous l’avons compris et figurédans la petite vue restituée que nous nous sommes plu à tracer (fig. 15). Cette vuecavalière est le résumé de tous les renseignements que nous avons pu trouver concernantl’intéressant édifice champenois.

Il nous reste à dire que le château du Pailly est entièrement construit de pierre dured’un aspect granitique : on trouve cette pierre sur la montagne même au pied de laquellele Pailly est situé.

Une excellente notice sur les anciens seigneurs du Pailly, notice publiée dans \e Bulletin

de la Société archéologique de Langres , nous apprend que l’architecte chargé par le

maréchal de Tavannes de la direction des travaux de son château, était Champenois

et né à Langres ; il se nommait « Nicolas Ribonnier » et avait le titre d’architecte

du duché de Bourgogne . 11 est regrettable que M. Pistollet de Saint-Ferjeux, l’auteur

de la savante notice en question, n’ait pas trouvé matière à s’étendre davantage sur

l’habile constructeur et décorateur du château du Pailly, et très-probablement du

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