DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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particulier, on reconnaît des fiefs nobles opposés aux fiefs roturiers. On nommait fieffésceux qui tenaient un héritage à raison de foi et hommage : un domaine fieffé était undomaine acquis à titre de fief.
D’après les habitudes de la féodalité, en recevant un fief, on rendait hommage auseigneur, et l’on se déclarait en quelque sorte son homme. L’hommage avait différentesformes, et parmi elles il faut nommer Y aveu. Disons enfin que par le mot mouvance onentendait la dépendance d’un fief inférieur envers le fief dominant dont il relevait. Cesdifférents détails une fois donnés, nous pouvons aborder l’histoire, assez obscure, dureste, du manoir des Ifs.
Les documents les plus anciens, qui soient d’une certitude à peu près incontestable,remontent à l’année 1456, bien avant, par conséquent, l’existence de l’édifice actuel. Ilsnous apprennent que vers cette époque, c’est-à-dire au milieu du xv e siècle, ColinHervieu était possesseur du domaine des Ifs. Après lui, en 1476, nous voyons mentionnerdans les chartes et les titres, Nicolas Hervieu, escuyer. Ainsi, la terre des Ifs, en tant quepropriété distincte, de propriété seigneuriale ayant une existence à part, est en droit dese vanter d’une antiquité respectable : elle a déjà, par conséquent, plus de quatre centsans d’âge; supériorité évidente sur beaucoup de seigneuries qui sont loin de remonteraussi haut dans le passé. Comment le fief des Ifs était-il devenu la propriété de la famillede Hervieu? C’est ce qu’aucun titre ne nous dit positivement. Nous croyons toutefoispouvoir l’induire avec quelque certitude d’un acte du 6 février 1410, passé devant PierreYiart, tabellion au bailliage de Fécamp , contenant donation par Robin de Grammont,écuyer, à Catherine de Grammont, sa fille, en faveur de son mariage avec Jehan Hervieu,de huit livres tournois de rente. Cet acte, à cause de son importance, mérite d’être rap-porté : nous allons en copier le dispositif.
« . fût présent, Robin de Grammont, escuyer de la paroisse de Tourville-sur-
Fécamp, lequel cognut et confessa qu’au traictié de mariage faisant et parfaisant entreKatherine de Grammont, sa fille, et Jehan Hervieu, de la paroisse de Yinemerville, ilavoit donné, quittié et délaissié afin deritage perpétuel à icelle Katherine, sa fille et à seshoirs, huit livres tournois de rente à prendre chacun an sur tous ses biens meubles etimmeubles et héritages présens et advenir jusques à ce que le dit Grammont en eus!faict et baillié affecte bonne et souffisante, laquelle affecte iceulx Hervieu et Katherineseront tenus à prendre toutesfois que le dit escuyer ou ses hoirs leur vaudront baillier. »
Ce document est d’une certaine gravité, et, dans la monographie du château des Ifs, il
a la plus grande importance. Il établira d’une façon très-nette ce que nous cherchons
à démontrer, à savoir que le fief dont nous nous occupons entra par un mariage dans la
famille des Hervieu, après avoir appartenu aux Grammont, seigneurs de Tourville. Pour
arriver à établir ce point au moyen du document cité plus haut, nous n’aurons pas
à employer la subtilité des archéologues, si habiles à élever une discussion sur une pointe
d’aiguille, et à presser les textes d’une façon tellement ingénieuse qu’ils en font sortir
quelquefois ce que leur cerveau leur a fourni. Que nous dit, en effet, le dispositif de l’acte
sus-mentionné, tabellionné chez Pierre Yiart, le 6 février 1410? Il ne nous donne pas,
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