DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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lignes en sont simples toutefois et parfaitement accusées. Deux tourelles se voient auxangles, et ces tourelles aident puissamment à donner à la façade entière ce grand cachetd’originalité qui lui est propre et qui frappe au premier abord. Ici encore la briquejoue un certain rôle dans la construction, mais un rôle subordonné cependant : elle cèdeà la pierre au lieu de la dominer. En effet, toute la structure de cette façade, toutes lesmoulures, toute l’ornementation, sont en pierre de taille, une pierre blanche et fine quise détache franchement et vigoureusement en lumière sur les fonds rouges quadrillésde noir. Nous avons été à môme de contempler dans nos voyages un certain nombred’édifices de cette époque, conçus dans le môme esprit, avec des matériaux semblables,mais jamais nous n'avons rien vu d’aussi heureusement coloré, d’aussi complètement gaique cette façade quand le soleil l’inonde de ses rayons : elle réjouit la vue lorsqu’elleapparaît par moments à travers les verts ombrages du parc. Elle réussit meme (nous enavons fait l’expérience) à chasser toute pensée triste, toute idée importune. Le centre dela façade est occupé au rez-de-chaussée par la porte principale assez richement décorée(en À du plan). Nous n’aimons guère, cependant, ces deux consoles en porte-à-faux sedessinant sur la frise, à la base du fronton. Gela nous paraît faire double emploi, il estregrettable, en tout cas, que la volute de ces consoles n’atteigne pas à l’axe des pilastres.Les pilastres eux-mêmes, tout semés de bossages et tout vermiculés qu’ils sont, nousparaissent manquer à 1a. fois de force et d’élégance. Le fût disparaît sous ces trop nombreuxet trop riches bossages. On a dépassé le but : il fallait être plus simple. En revanche nouslouerons sans réserve le cartouche savamment découpé que l’on voit à la base du petitbalcon saillant, l’unique de cette façade et qui sert de support à ce balcon. Il meubleparfaitement le vide formé par le fronton interrompu de la porte : le masque très-saillant;qui en occupe le centre est aussi d’un heureux effet (voy. pl. 3).
Encore un défaut à signaler!... Les pilastres qui accompagnent la fenêtre centrale dupremier étage ne sont pas d’une proportion fort heureuse : ils sont maigres et chétifs ; ilsparaissent porter avec peine les chapiteaux dont ils sont couronnés. Un œil-de-bœuf assezsingulièrement compris (1) et destiné à éclairer les combles, se voit au sommet de lafenêtre du premier étage, à la base du fronton triangulaire qui termine le motif central.Ajoutons que dans le tout petit balcon placé à la base de la fenêtre, balcon cité déjà plushaut, nous aimons surtout les balustres, dont la forme est très-étudiée et très-réussie. Cesbalustres rappellent, nous semble-t-il, ceux que l’on voit fréquemment employés dans lesrampes d’escaliers de bois de cette époque.
Des ouvertures étroites en largeur, semblables à celles dont sont percées les toursd’angle, accompagnent les ouvertures centrales : elles sont comme les fenêtres intermé-diaires, entourées d’assises à bossages et munies d’un appui mouluré en saillie sur lebandeau qui, à cette hauteur, règne sur toute la longueur de la façade. Ges ouverturespénètrent dans le comble; elles dépassent la corniche ornée de modîllons qui se trouve
(1) Il faut s’empresser de dire que tous ces défauts de détails disparaissent à l’examen général de l’ensemble ou sont dumoins très-peu sensibles. Les yeux sont tellement captivés par l’harmonieuse et riche couleur de l’édifice qu’ils deviennentfacilement indulgents pour les défauts que nous signalons ici.