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Tome deuxième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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La seigneurie de Maisons, vers cette époque, et pour remercier sans doute le prési-dent de la part qu’il avait prise dans les négociations, fut élevée au titre de marquisat ;mais cette récompense honorifique ne suffit pas apparemment à M. de Maisons, puisqu’ilsongea, peu après, à se faire donner la surintendance générale des finances du royaume.Il échoua d’abord : mais, secondé par ses amis et surtout par son frère Pierre de Lon-gueil, qui mit sa verve satirique à son service ; recommandé, de plus, par d’Hémery àson lit de mort, il atteignit enfin à son but. D’Hémery pouvait dormir tranquille ; il laissaitles finances en bonnes mains : c’est du moins ce qu’on disait alors par ironie, car l’avé-nement du président de Maisons à la surintendance des finances devint l’objet de toutesles conversations. Gui Patin , dans une de ses lettres, en parle ainsi : « D’Hémery estmort, dit-il, le lundi 23 mai (1650), entre quatre et cinq heures du matin, malgré trenteprises d’antimoine de la meilleure préparation et de la plus fine », puis il ajoute : « Chacunparle ici de la succession à sa charge, et selon l’intérêt qu’il y prétend. Les uns y nommentde la Yieuville, qui l’a été autrefois, l’an 1623; les autres le président de Maisons, quia par ci-devant été premier président de la Cour des Aides. C’est, un dangereux hommes’il y parvient, et qui fera bien crier du monde. Je pense qu’il a les vœux des partisansqui semblent le souhaiter fort. » Ainsi, d’après les médisances et les conversations dujour, M. de Maisons était connu pour un homme sans scrupule, à une époque où lessurintendants n’avaient à redouter aucun contrôle, et où il était si facile de s’enrichir auxdépens du public. On prête à René un mot spirituel qui vient s’ajouter à ces indications.11 ne resta qu’une année aux finances, et il dit en se retirant : « Ils ont tort : j’ai fait mesaffaires, j’allais faire les leurs. » Admettons donc avec la chronique que le surintendantà cet égard fut vraiment de son siècle, et que son passage aux finances profita largementà sa fortune personnelle ; s’ensuit-il que ses déprédations servirent à payer les dépensesdu château ? Gela est difficile à admettre ; et l’on a peine à supposer qu’il ait compté sursa future administration, quand il conçut l’immense entreprise de doter sa seigneuried’une demeure qui en fût digne. Le château, commencé neuf ans auparavant, était alorsachevé et, selon toute probabilité, à peu près payé.

En présence de ces faits d’une vérité incontestable, on se demande comment et dequels deniers M. de Longueil paya les dépenses? 11 est vraiment difficile de pénétrer l’en-tière vérité à ce sujet ; aussi, devant cette incertitude, la légende vient-elle figurer à sontour et donner une origine légèrement fantastique au château qui nous occupe. M. deMaisons, dit la chronique, ayant fait démolir son hôtel de la rue des Prouvaires, à Paris ,il paraîtrait que, dans les fouilles qui s’ensuivirent, les ouvriers auraient découvert, aufond d’un caveau, quarante mille pièces d’or frappées au coin de Charles IX . C’est cetrésor qui aurait servi à bâtir le château de Maisons. Mais, ne vaut-il pas mieux conclurede tous ces propos, et malgré la mauvaise réputation du président, qu’il fit tout simple-ment construire sa princière demeure avec sa fortune personnelle, fort élevée à ce qu’ilparaît? Toujours est-il, et c’est un fait certain, que le château était achevé et payé aumilieu de l’année 1651. Le roi et la reine y furent reçus vers cette époque et traités avec

une véritable magnificence ; c’est du moins ce que constate le poète journaliste Lorct,

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