h fi PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISOXS.
secret des grandes distributions, n’entendaient assurément rien aux petits aménagementsoù l’art moderne triomphe : les pièces se commandent, les jours de souffrance abondent,les couloirs sombres sont fréquents, et l’abus d’incommodes petits escaliers comme ceuxde Maisons n’est pas rare.
À droite du grand escalier, nous traversons, au rez-de-chaussée, une antichambreinsignifiante convertie actuellement, ainsi que la pièce suivante, en salle à manger.La décoration de la plus grande de ces salles, celle qui occupe l’angle du bâtiment,a été exécutée à la fin du siècle dernier seulement, et lorsque le château était au comted’Artois. Elle fut décorée sur les dessins de M. Bélanger. On y remarque avant toutquatre figures de grandeur naturelle, placées dans des niches sur des piédestaux peuélevés; ces figures représentent : Gérés, sculptée par Houdon ; Vertumne, par Boizot ;Érigone, par Clodion ; et Flore, par Foucou, statuaire peu connu. Près de là sont deuxautres chambres sans intérêt et un escalier de service.
A gauche du vestibule, toujours au rez-de-chaussée, nous entrons dans une sortede salon suivi d’une antichambre : ces pièces n’ont absolument rien de remarquable.Le second salon occupe l’angle du bâtiment; et, des deux fenêtres percées de chaquecôté de l’équerre, on peut jouir d’une vue merveilleuse. La cheminée monumentalede cette pièce est surmontée d’un bas-relief de marbre d’un certain mérite, et quireprésente le triomphe de Fondé.
Il ne nous reste plus, avant de monter au premier étage, qu’à signaler les deuxvestibules ovales occupant l’extrémité des ailes du château, sous les terrasses. Cesvestibules, à notre avis, ne sont pas ce qu'il y a de plus irréprochable à Maisons ;et, lorsqu'on jette les yeux sur le plan du rez-de-chaussée, on est assez peu satisfaitde tous ces réduits de forme étrange qui les avoisinent, et qu’exigeait la forme ovalede la pièce centrale. Le château de Maisons, chose qu’on ne s’explique guère, est privéde chapelle, ce complément obligé de tout édifice de ce genre. 11 est permis de supposerque c’est après coup seulement qu’on eut l’idée d’en établir une dans le vestibule degauche; dans tous les cas, la place nous paraît singulièrement choisie. Aujourd’hui,cet oratoire n’existe même plus.
Gravissons de nouveau les marches du grand escalier, pour arriver, au premierétage, à l’appartement dit du Roi, situé à gauche, en B du plan (voy. pi. II).L’appartement de la Reine est à droite. Cette désignation leur vient des hôtes qu’ilsont reçus à différentes époques. Louis XIY d’abord, Louis XY, puis Louis XYI etMarie - Antoinette rendirent, nous l’avons déjà dit, visite au château de Maisons.L’appartement du Roi est incontestablement le plus curieux et le plus remarquablede tout le château. Il est précédé d’une vaste salle des gardes, ou galerie éclairée parhuit fenêtres. Cette galerie, servant aussi de salle des fêtes, a perdu en partie saphysionomie première par les décorations fâcheuses faites par ordre de M. Laffitte :elle était autrefois tendue d’une tapisserie à personnages, donnée à M. de Longueillorsqu’il était chancelier de la reine mère. Cette précieuse tapisserie a disparu, on nesait comment ni à quelle époque. Avec M. Laffitte, elle était déjà remplacée par des