DU XV e AU XVIII e SIÈCLE. 57
glaces; mais ce dernier lit supprimer les glaces à leur tour, pour y placer d’horriblespaysages dus au pinceau de M. Bidaut. Il est impossible de se faire une idée du mau-vais effet produit par ces pitoyables tableaux, qui détruisent toute l’harmonie de lasalle, et donnent en même temps une pauvre idée du talent de leur auteur et mêmede notre siècle.
Si les paysages de M. Bidaut n’attirent guère l’attention, en revanche la balustradequi règne devant la cheminée excite volontiers la curiosité des visiteurs. Pourquoicette balustrade placée sous la grande ouverture de la cloison de séparation (en G duplan)? Cette balustrade était un signe de distinction, et portait le nom de « balustre ».Réservé d’abord aux seules chambres royales, les princesses adoptèrent le balustre, etenfin toute la noblesse fit comme elles. La galerie de Maisons, comme chambre occupéepar le Roi, et comme salle appartenant à une personne noble, justifiait de son droit aubalustre. On voit en I), à l’extrémité de la salle, l’immense cheminée que nous avonsgravée planche XI ; le marbre joue un grand rôle dans cette cheminée, qui n’est pointparfaite, il s’en faut, mais où l’on retrouve cependant, comme dans la plupart des œuvressculptées de cette époque, un air magistral qui impressionne vivement. Les grandesfigures de nymphes, qui portent sur leur tête des corbeilles de fleurs, sont remarquable-ment conçues et exécutées. Le couronnement de la cheminée, où l’on voit deux aiglessoutenir l’écu des Longueil, puis des enfants assis sur la corniche se cacher sous unedraperie, est aussi très-remarquable et d’un excellent effet. Nous n’oserions en direautant, par exemple, de la partie inférieure de la cheminée, à la fois lourde et vul-gaire, et qui pourrait être volontiers attribuée à quelquemaladroit marbrier moderne. Le portrait de Louis XIV , quise voit dans Je grand cadre ovale sculpté sur le manteau de lacheminée, est une copie faite de nos jours (voy. fig. 4, le profildu cadre).
L’autre extrémité de la galerie, ou salle des fêtes, montre latribune des musiciens, dont les dimensions sont fort restreintes :six personnes à peine pourraient y tenir. Ici encore la lourdeursemble être le défaut principal ; mais on ne peut nier que cettetribune ne soit en parfait accord et ne se lie à merveille avecla décoration générale de la salle (voy. pi. XII, une vue per-spective de cet édicule).
La chambre qui succède à la galerie, en G du plan, est celleoù couchait le Roi lorsqu’il séjournait au château : elle a conservésa boiserie sculptée sur laquelle on remarque, fréquemment ré-pété, le chiffre de René de Longueil , surmonté d’une couronne
de marquis : nous reproduisons ce chiffre ici (fig. 5). La porte de cette chambre royale estaussi assez caractéristique, malgré la peinture grise dont elle est couverte (voy. fig. 6,le couronnement de cette porte). Le lit était placé dans une spacieuse alcôve, en H,de manière à pouvoir circuler facilement autour. Mentionnons également le plafond de
Fig. 4.
u.