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Tome deuxième.
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{JG PALAIS, CHATEAUX, HÔTELS ET MAISONS.

» 0 y sera fait les dispositions nécessaires pour y recevoir environ- huit cents lits. »

Gomme nous l’avons dit plus haut, il ne fut pas donné suite à ce projet ; sous l’Empire,on y installa une école de cavalerie, et la Restauration en fit une caserne pour les gardesdu corps.

En 1826, un comte Bozan de Talleyrand écrivait à la Quotidienne la lettre suivante,qui se suffit à elle-même pour indiquer les circonstances où elle a paru : il s’agissait deréclamations émanées de la ville de Saint-Germain ; elle se plaignait de voir son châteaunégligé par les successeurs et héritiers des anciens Bourbons.

« Depuis onze ans, disait le comte Bozan de Talleyrand , le feu roi a donné ordrequ’on emploie annuellement une somme pour parvenir à rétablir cet ancien et respectablemonument, berceau de nos rois. Tous les murs extérieurs sont réparés, ainsi que lescheminées, les toits, la cour intérieure, la chapelle parfaitement rétablie. Quant auxgrands appartements, on va s’en occuper... Les immenses bienfaits du roi ne permettentpas au ministre de sa maison les sacrifices qui seraient nécessaires pour hâter les tra-vaux, cependant ils avancent... »

Enfin en 1836, pour dernière déchéance, le vieux château devint un pénitentiermilitaire contenant cinq cents détenus. C’était tomber bien bas pour une anciennerésidence royale, et surtout pour un château qui avait inscrit dans ses fastes la plupartdes noms fameux et des grands souvenirs de l’histoire de France . Un pareil état dechoses se prolongea pourtant jusqu’en 1835, époque où le château fut évacué par sestristes habitants. Il est resté complètement inhabité depuis.

Les diverses destinations de l’édifice et l’amenagement nécessaire à chacune d’ellesavaient, on se l’imagine, sensiblement modifié et altéré l’esprit primitif du château. Deplus, le défaut d’entretien pendant de longues années, et surtout les travaux maladroitsexécutés à plusieurs reprises, en avaient compromis la solidité en divers endroits. Ilappartenait au règne de Napoléon III , qui a relevé si haut la gloire de notre pays et quia déjà commencé et achevé tant d’ouvrages importants, de ne pas abandonner à lui-mêmeun monument aussi intéressant au double point de vue de l’art et de l’histoire. Aussiune restauration complète du château de Saint-Germain fut-elle bientôt décidée par leministre d’État.

Les travaux qui sont en cours d’exécution ont pour objet de restituer à cette anciennedemeure le caractère imprimé par l’art du xvi e siècle. Ils sont confiés, nous l’avons déjàdit, à l’un de nos architectes les plus habiles, à M. Eugène Millet, dont nous avons euplusieurs fois à invoquer l’autorité dans le courant de notre récit. Dans son rapportadressé au ministre en février 1862 sur l’état du château et des restaurations à opérer,M. Millet s’exprimait ainsi :

« La restauration du château de Saint-Germain pouvait être entreprise de deux façonsdistinctes. On pouvait réparer tous les bâtiments existants, mais dans ce cas combien departies très-intéressantes du château seraient sacrifiées ?

» 11 serait très-facile de rétablir le château dans les conditions anciennes, tel qu’il étaità l’époque où Louis XIV quittait Saint-Germain pour fixer sa résidence à Versailles . On