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Tome deuxième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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lonnés par ces puissants meneaux portant lextrémité de la corniche supérieure et le ché-neau. Ces meneaux ne sont réellement que de grands châssis vitrés posés entre des piles,et les maintenant dans leurs plans.

» Le système de la construction ogivale admis, nous devons avouer que le parti deconstruction adopté à Saint-Germain nous paraît supérieur à celui de la sainte Chapellede Paris , en ce quil est plus franc et plus en rapport avec léchelle du monument. Larichesse de larchitecture de la sainte Chapelle de Paris , le luxe de la sculpture, nesauraient faire disparaître des défauts graves évités à Saint-Germain . Ainsi, à Paris , lescontre-forts, entièrement reportés à lextérieur, gênent la vue par leur saillie ; ils sonttrop rapprochés ; la partie supérieure des fenêtres est quelque peu lourde et encombréede détail ; les gables qui les surmontent sont une superfétation inutile, un de ces moyensde décoration qui ne sont pas motivés par le besoin. Si leffet produit par les verrièresentre des piles minces et un peu saillantes à lintérieur est surprenant, il ne laisse pasdinquiéter lœil par une excessive légèreté apparente. A Saint-Germain, on comprendcomment les voûtes sont maintenues par ces piles qui se prononcent à lintérieur. Lesmeneaux ne sont quun accessoire, quun châssis vitré indépendant de la grosse construc-tion. Ce petit passage champenois ménagé au-dessus de larcature inférieure, en reculantles fenêtres, donne de lespace et de lair au vaisseau ; il rompt les lignes verticales dont,à la sainte Chapelle de Paris , on a peut-être abusé. Les fenêtres elles-mêmes, au lieudêtre relativement étroites comme à Paris , sont larges ; leurs meneaux sont tracés demain de maître, et rappellent les beaux compartiments des meilleures fenêtres de lacathédrale de Reims . Les fenêtres de la sainte Chapelle de Paris ont un défaut quiparaîtrait davantage, si elle néblouissaient pas par léclat des vitraux : cest que lescolonnettes des meneaux sont démesurément longues, et que les entrelacs supérieurs necommencent qu'à partir de la naissance des ogives. Gela donne à ces fenêtres une appa-rence grêle et pauvre que larchitecte a voulu dissimulera lextérieur, les vitraux neproduisent aucune illusion, par ces détails darchivoltes et ces gables dont nous parlionstout à lheure. A Saint-Germain, aucun détail superflu : cest la construction seule quifait toute la décoration ; on peut dire que si larchitecte (champenois probablement) dela chapelle de Saint-Germain eut eu à sa disposition les trésors employés à la constructionde celle de Paris , il eût fait un monument supérieur comme composition à celui que nousadmirons dans la Cité. 11 a su (chose rare) conformer son architecture à léchelle de sonmonument, et, disposant de ressources modiques, lui donner toute lampleur dun grandédifice. A la sainte Chapelle de Paris , on trouve des tâtonnements, des recherches quioccupent lesprit plutôt quelles ne charment. A Saint-Germain, tout est clair, se com-prend au premier coup dœil. Lintérieur de ce monument était peint et les fenêtres gar-nies probablement de vitraux. Inutile de dire que leur effet devait être prodigieux àcause des larges surfaces quils occupaient. Tous les détails de ce charmant édifice sonttraités avec grand soin, la sculpture en est belle et est due à lécole champenoise, ainsi queles profils. »

Puis M. Viollet-le-Duc ajoute en note : « La chapelle de Saint-Germain est aujourdhui