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Tome deuxième.
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112 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS

fort dénaturée ; les contre-forts ont été revêtus, au xvn e siècle, de placages dans le goûtdu temps ; le sol intérieur a été relevé de plus d’un mètre. L’arcature a été détruite,ainsi que la balustrade extérieure. Des fouilles faites avec intelligence par l’architecte,M. Millet, ont mis à nu les bases intérieures. Des fragments de l’arcature et de la balustradeont été retrouvés ; les piles ont été dégagées. Quant aux autres parties de l’édifice, elles sontconservées, et la construction n’a subi aucune altération. On ne saurait trop étudier cettechapelle, qui nous paraît être un des exemples les plus caractérisés de cet art du xm e siècleau moment de sa splendeur. Si l’on avait quelques doutes sur sa date, il suffirait de com-parer ses profils et sa sculpture avec les profils et la sculpture des monuments champe-nois du xm e siècle, pour être assuré que la chapelle de Saint-Germain est contemporainedes chapelles absidales de la cathédrale de Reims, des parties inférieures du chœur de lacathédrale de Troyes, de la chapelle de l’archevêché de Reims , constructions qui sontantérieures à 1240. La corniche supérieure et la balustrade, dont on a retrouvé des frag-ments, peuvent remonter à 1230 (1). »

Notre planche IX montre la façade du château où se trouve cette remarquable cha-pelle. Le soin avec lequel M. Millet doit la dégager, comme on peut le voir, des con-structions qui l’obstruent à l’extérieur, montre assez combien il est pénétré, lui aussi,de la valeur de cette partie de l’édifice royal. Ajoutons encore qu’après la réfection del’angle sud-ouest, on doit terminer la restauration du château par l’aile occidentale,dont la face extérieure sera rétablie de la façon figurée planche XYI.

Enfin, pour clore cette assez longue description, nous présentons ici une perspectivecavalière, ou à vol d’oiseau, faite d’après des documents communiqués par M. Millet.Cette vue perspective (fig. 16) montre un ensemble du château complètement restauréet tel qu’on pourra le voir dans quelques années d’ici.

X.

Voici donc encore un de ces beaux palais d’autrefois sauvé de la ruine et rendu à sasplendeur première. N’est-ce pas la joie la plus vive que puissent éprouver tous ceuxqui s’intéressent à fhistoire générale de l’humanité, tous ceux qui, nés sur le sol dela France , ont pris intérêt à son passé, quel que soit l’aspect sous lequel il se présente.L’opinion générale est maintenant très-disposée à accueillir favorablement toute restaura-tion de nos vieux édifices nationaux, et le château que nous publions doit être, parmices derniers, classé hardiment en première ligne.

Mais ce n’était pas tout que d’avoir remis en honneur le vieux château royal deSaint-Germain en Laye, il fallait aussi assurer son avenir, empêcher le retour des causesqui avaient failli en amener la destruction ; en un mot, lui trouver une destination enrapport avec lui-même, en harmonie avec son passé historique, avec ses dispositionsmonumentales. C’est ce but qui vient d’être atteint de la façon la plus complète par ledécret impérial, en date du 8 novembre 1862, qui établit un musée gallo-romain dans

(1) Dictionnaire raisonné de l'architecture française, 2 vol., pages 430 et suivantes.