Band 
Tome quatrième.
Seite
523
JPEG-Download
 

DU PENDULE A SECONDES. 5a3

que leur institution donne à des ellorts mortels, complètent la puis-sance de la méthode expérimentale. Elles seules pouvaient désormaisassurer la continuité du progrès des connaissances humaines • seuleselles pouvaient développer les grandes théories, et faire obtenir desrésultats qui, par leur difficulté, par la diversité, la persévérance etl’étendue des travaux qu’ils exigent, n’auraient jamais été accessiblespour des individus.

La détermination de la grandeur et de la figure de la Terre , lamesure de la pesanteur à sa surface, la liaison de ce phénomène avecla constitution intérieure du globe, avec la disposition de ses coucheset les lois de leurs densités, sont au nombre de ces questions de longuedurée, que des sociétés savantes seules pouvaient se proposer d’attaqueret de résoudre. Elles ont été depuis un siècle et demi un des objetsconstans des travaux de l’Académie des Sciences. La première mesureexacte d’un degré du méridien terrestre fut faite en France par Picard,dans l’année 1670. Elle servit à Newton pour établir la loi de la pe-santeur universelle, dont l’emploi d’une mesure fautive de la Terre ,l’avait d’abord écarté. Deux ans après, Richer, autre français , envoyépar l’Académie à Cayenne pour des recherches astronomiques, décou-vrit que son horloge, qui battait à Paris les secondes, allait plus lente-ment à mesure qu’il s’approchait de l’équateur, et s’accélérait denouveau par les mêmes degrés, en revenant vers le nord, de manièreà reprendre exactement sa marche primitive au point de départ. Or,d’après les decouvertes de Huygens, la vitesse des oscillations d’unmême pendule augmente ou diminue avec l’intensité de la pesanteurqui le fait mouvoir. L’observation de Richer prouvait donc que cetteintensité était différente à diverses latitudes, et qu’elle croissait enallant de l’équateur au pôle. Newton, dans son immortel ouvrage desPrincipes de la Philosophie naturelle , lia tous ces résultats à la loi del’attraction. Il montra que la variation observée dans la pesanteur,décélait un aplatissement de la Terre à ses pôles, circonstance quise remarque aussi dans la forme de Jupiter, de Saturne , et des autresplanètes qui tournent sur un axe. Il conçut que cette forme aplatieétait une conséquence de l’attraction même des parties de chaque pla-nète, combinée avec la force centrifuge produite par son mouvementde rotation. Mais, pour que l’arrangement déterminé par ces deuxgenres de forces eût pu ainsi s’effectuer, il fallait que ces grands corps