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Tome quatrième.
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54 EXPÉRIENCES SUR LA LONGUEUR

eussent été primitivement fluides; il les prit donc dans cet état, etil montra comment on pouvait calculer l’aplatissement d’une planèted’après l’intensité de la pesanteur à sa surface, et la vitesse de sa rota-tion , en supposant sa masse homogène. Cette théorie, appliquée à laTerre , donnait une variation de la pesanteur peu différente de celleque Riclier avait observée, mais cependant un peu plus faible ; ce quiindique que la Terre est composée de couches dont la densité va crois-sant de la surface an centre, comme Clairault l’a depuis démontré.

Les calculs de Newton furent pendant quelque tems les seules in-ductions que l’on eût pour croire la Terre aplatie à ses pôles. L’arcdu méridien mesuré par Picard avait bien suffi pour donner la longueurdu rayon de la Terre à l’endroit où il avait été observé; mais cet arcétait beaucoup trop petit pour que l’on y pût seulement entrevoir l’effetde l’aplatissement. On espéra tirer plus de lumières de la mesure del’arc entier qui traverse la France depuis Perpignan jusqu’à Dunkerque ;mesure qui devait servir, pour ainsi dire, d’axe à la carte généralede la France, dont Colbert avait confié l’exécution à l’Académie . Mais,dans l’état encore imparfait où se trouvaient alors les instrumens etles méthodes astronomiques, cet arc lui-même était trop court pourque l’influence de l’aplatissement pût s’y faire sentir avec certitude; etles petites variations qui en résultent dans les longueurs des degrésconsécutifs, pouvaient très aisément se perdre dans les erreurs desobservations. Ce fut aussi ce qui arriva. Les différences que les degrésprésentèrent, se trouvèrent, par l’effet de ces erreurs, dans un senstel qu’il en sei-ait résulté un allongement aux pôles, au lieu d’un apla-tissement. L’Académie ne se rebuta point : elle sentit que la questionne pouvait être nettement décidée qu’en mesurant deux arcs du mé-ridien dans les régions de la Terre où l’aplatissement doit produire entreles degrés des différences plus sensibles, c’est-à-dire près de l’équateuret près du pôle. Elle trouva parmi ses membres des hommes assezdévoués pour entreprendre ces pénibles voyages. Dans l’année i ^35,Bouguer, Godin, La Condamine , passèrent en Amérique , où ils seréunirent à des commissaires espagnols. Quelques mois après, Clai-rault, Maupertuis, Le Monnier , partirent pour le nord. Les résiütatsde ces expéditions mirent hors de doute l’aplatissement de la Terre ;mais sa mesure absolue resta encore douteuse. Le degré du Pérou ,comparé à ceux de France , donnait un aplatissement plus faible que