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Tome quatrième.
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DU PENDULE A SECONDES. 53.

mois, nous nous dirigeâmes, non sans peine, à travers des plaines etdes collines sans chemin, vers le petit assemblage de maisons de pierresqui forme la capitale, appelée Lerwick . Là, nous pûmes commencerà sentir que les vertus sociales d’un pays ne doivent pas se mesurersur ses apparences de pauvreté ou de richesse. Il est impossible d’ima-giner une hospitalité plus franche, plus cordiale que celle qui nousaccueillit. Des personnes qui ne connaissaient nos noms (pie depuis uninstant, s’empressaient de nous conduire partout : informées de l’objetde notre voyage, elles nous donnaient d’elles-mêmes tous les rensei-gnemens qui pouvaient nous être utiles; elles les recueillaient pournous, et nous les transmettaient avec le même intérêt que s’il se futagi d’une affaire qui leur eût été personnelle. Nous reçûmes sur-toutbeaucoup d’avis essentiels du docteur Edmonston, médecin instruit,(pii a publié une très bonne description des îles Shetland, et qui sesouvenait avec plaisir d’avoir suivi à Paris les cours de notre confrère,M. Duméril . Il nous donna des lettres pour un de ses frères qui rési-dait dans la petite île d’Unst, la plus boréale de tout cet archipel.Car, quoique nous eussions pensé, en partant d’Ecosse , que nous nousétablirions à Lerwick ; quoique le fort Cliarlotte, qui protège cette ville,présentât, pour nous et nos appareils, un emplacement très favorable,cependant nous étions fort séduits par cette petite île d’Unst, qui nousoffrait une dernière station plus boréale que Lerwick , d’environ undemi-degré, et aussi un peu plus orientale, par conséquent plus rap-prochée du méridien de Formentera . il est vrai qu’elle ne nous pro-mettait pas un séjour bien commode; mais on conçoit qu’en partant,nous ne nous étions pas attendus aux jouissances du luxe; nous fîmesdonc le choix qui convenait le mieux à nos opérations. Nos nouveauxamis de Lerwick nous indiquèrent le pilote le plus expérimenté de cesîles, et Hôüs partîmes le 20 juillet au soir pour notre dernière des-tination. La science de notre guide ne nous fut pas inutile: un brouil-lard épais vint nous envelopper;'le vent, toujours favorable, fraîchit;et notre vaisseau, plongé dans une obscurité profonde, vola avec larapidité d’une flèche, entre des écueils si nombreux, et par de si étroitspassages, qu’à moins d’être conduit dans ce dédale , par une pratiquetellement juste et rapide, qu’elle devient pour ainsi dire un sens, ilaurait dû se briser mille fois. Arrivés à Unst, nous parcourûmes avi-dement rile. Elle n’offrait que des cabanes de pêcheurs, et çà et là