53 a EXPÉRIENCES SLR LA LONGUEUR
tjuelques maisons de propriétaires, trop petites pour recevoir les grandsinstrumens anglais . Heureusement, la commission anglaise avait deslentes; on songea d’abord à les établir sur la montagne la plus hauteet la plus boréale de l’ile; mais la difficulté de porter jusque là lesgrands instrumens, ce qu’il aurait fallu exécutera bras d’hommes, fitrenoncer à ce projet. On préféra une petite île appelée Balta, situéeà l’entrée de la principale baie d’Unst, et qui, la fermant, pour ainsidire, du côté de la mer, en forme im excellent port, où le brick pouvaiten toute sûreté mettre à l’ancre et débarquer nos instrumens. Je merangeai d’abord à cet avis. Niais, en examinant de plus près la nouvellestation, en considérant à quels coups de vent furieux elle était exposée Tl’humidité extrême qui y régnait, l’éloignement de toute habitation, etles difficultés multipliées qui se présentaient pour y former un établis-sement aussi solide que l’exigeaient les expériences du pendule, je crai-gnis, en y persistant, de compromettre le succès de mes opérations. Enconséquence, nous nous décidâmes, le capitaine Miulge et moi, à re-tourner dans l’île d’Unst, et à demander l’hospitalité, pour nous et nosappareils, dans la seule maison qui fût en vue. Heureusement, celaitcelle de ce NI. Edmonston, dont le frère nous avait si bien accueillisà Lervvick. Nous trouvâmes ici la même bonté. Une grande bergerie,vacante à cause de l’été, et dont les épaisses murailles étaient faites-pour résister à toutes les tempêtes, reçut les appareils du pendule.L’observatoire portatif, ainsi que le cercle répétiteur, furent établis,dans le jardin même de M. Edmonston. Ce ne fut pas sans de grandes-peines que l’on parvint à débarquer les grosses pierres, et à les traînerjusqu’au lieu de leur destination. 11 fallut, pour cela, tous les effortsde l’équipage du brick, animés par l’obligeante persévérance des offi-ciers. Enfin, le 2 août, nous frimes en état de commencer les observa-tions astronomiques, et le 10,. nous fîmes la première expérience dupendule. Le 17, nous avions déjà huit de ces expériences et 270 obser-vations de latitude. Le succès de l’opération était assuré : elle ne de-mandait plus que du teins et de la persévérance. Malheureusement lecapitaine Mudge commença à ressentir, d’une manière fâcheuse, l’in-fluence de ce séjour. Quoiqu’il me cachât soigneusement ce qu’il éprou-vait , et qu’il ne diminuât rien de son zèle, je m’aperçus de l’altérationde sa santé; et les vents ayant amené dans notre île un vaisseau baleinierqui revenait du Spitzberg, je le déterminai à en profiter pour retourner