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T*A B LE A U DU PROGRES
édifice recommandabie que ies Tuiiieries : mais, par ce que les François exécu-tèrent alors, ils annoncèrent ce qu on en devoit attendre dans des temps plusheureux. Le palais des Tuiiieries, joint au château du Louvre, Sc à cette vastegallerie qui les réunit, est encore aujourd’hui le plus grand monument en cegenre ; Sc , s’il étoit fini, il íèroit aíïùrément le plus beau.
Pendant la régence de Marie de Médicis , les arts commencèrent à sortir dela léthargie où ils étoient comme ensévelis. De Broíïès construisit le portail desaint Gervais, Sc le palais du Luxembourg , oùRubens peignit cette admirablegallerie qui fait un des ornemens de cette Capitale. Le Mercier, pendant leministère du- cardinal de Richelieu, fit f église de la Sorbonne Sc le bâtimentdu Palais-Royal.
Par ordre d’ANNE d’Autriche, François Maníard donna le dessin dudômedu Val-de-Grace. Des sculpteurs, des peintres commençoient à íè montrer ; lePoussin íè faiíòit déjà remarquer : tous les talens íèmbloient n’attendre qu’unMécène pour les encourager. Colbert parut : à íà voix, les arts reprirent,en quelque forte, un nouvel être. Ce ministre, en fécondant les grandes vuesde Louis XIV - les fit servir à la grandeur de ion règne & à la gloire de la nation.Par des récompenses Sc des gratifications, il excita de toutes parts les talensnaissans. On prétend qu’il avoit juíqu’à des espions du mérite caché, lesquelsle prenoient, pour ainsi dire, fur le fait, asin de le produire Sc de l’encourager :aussi les arts firent-ils en peu de temps les progrès les plus rapides. Pleins dunenoble émulation, tous les artistes cherchoient, comme àl’envi, à fe surpasser.Le Sueur, par les peintures du cloître des Chartreux ; le Brun, par les bataillesd’Alexandre, Sc le plafond de la grande gallerie de Versailles ; Jouvenet,la Fosse , le Bon-Boulogne , par les chefs-d’œuvre admirables qui ornentl’intérieur du dôme des Invalides ; Girardon , par le tombeau du cardinalde Richelieu Sc par les bains d’Apollon ; Puget, par le Miion qu’on voit dansles jardins de Versailles; Desjardins, par le monument de la place des Victoires ;Perrault, par la colonade du Louvre ; François Blondel , par la porte Saint-Denis ; Jules-Hardouin Maníard, parla façade du château de Versailles, ducôté des jardins, celle du château de Clagni, Sc Parchitecture de la coupoledes Invalides ; le Nautre, par Part du jardinage qu’il créa Sc perfectionna enmême temps , Sc une infinité d’autres artistes en toutes fortes de genres,fixèrent en France la réputation des beaux arts.
La poésie, les belles-lettres Sc les sciences concoururent, avec les beauxarts, à la gloire de ce règne. Les Corneille, les Racine, les Deípréaux, lesla Fontaine, les Molière, les Quinault, les Pascal, les Arnaud, les Bossuet,les Fenelon, &c. produisirent des ouvrages qui immortaliseront à jamais lesiècle où ils ont vécu.
On entreprend de faire voir ici que nos arts libéraux Sc méchaniques, nos