DES ARTS ET DES SCIENCES. y
Si Ton entreprenoit de développer nos meilleurs édifices , comme l’on afàit le siècle dernier les monumens de l’ancienne Rome, Sc depuis quelquesannées les ruines de la Grèce ( a), on soroit étonné, par la comparaison , quel’on aille chercher si loin des exemples, tandis que nous en avons fous lesyeux d’aussi beaux, d’auflì parfaits que ceux des Grecs Sc des Romains. Lesanciens, à force de nous servir de modèles , ont formé des élèves qui ontégalé leurs maîtres, Sc qui les ont même quelquefois surpassés.
A l’exemple de la Capitale, nos villes de province ont signalé leur goûtpour les embellissemens. Les unes font élever, dans leurs enceintes, desplaces Sc des statues au Roi ; les autres, des temples, des fontaines, des sallesde spectacles, des académies, des aqueducs, des hôtels-de-ville , &c.
A peine comptoit - on , le siècle dernier, quelques villes dignes de lacuriosité des étrangers ; aujourd’hui il y en a un très - grand nombre ornéesd’édisices les plus somptueux.
La ville de Lyon n’a-t-elie pas été décorée dé tous ces quais admira-bles le long du Rhône Sc de la Saône, Sc de quantité de monumens, parmilesquels on remarque la façade de l’Hôtel - Dieu, qui a près de neuf centpieds de long, Sc qui pastè pour un des plus beaux édifices qui aient étéélevés de ce siècle ? M. de Tourni s’est fait beaucoup d’honneur par lesbâtimens publics, les promenades Sc les embelliíîemens dont il a orné,pendant son intendance, la ville de Bordeaux. Celle de Nantes, par lessoins de M. le duc d’Aiguillon, est devenue en quelque sorte une ville nou-velle : on a entrepris la plus grande partie de fa réconduction sor un nou-veau pian. Nancy , Lunévilie , Cômmercy , enfin , toute la Lorraine »est à peine reconnoissable depuis quelle est sous le gouvernement d’unPrince, ami des hommes, qui n’á pas moins à cœur de faire fleurir lesarts que les vertus dans sos états. Que de villes ne faudroit-il pas décrire,si on vouloit s’étendre sor toutes celles que l’on s’èst attaché à décorer? Ilsuffit de nommer les principales , telles que Besançon, Metz, la Rochelle ,Rennes, Alençon, Tours, Caën, Rouen, Dijon, Nîmes, Montpellier,Marseille, Aix, Lille, Valenciennes, Reims, Versailles. &c., qui ont,pour ainsi dire , changé de face. On voit, par cette énumération , qued’un bout de la France à l’autre, tout annonce la gloire de nos arts, Sc quetout concourt à rendre ce royaume le plus beau de l’univers.
Ce qui caractériso principalement l’accroistèment que l’architecture areçu sous ce règne, c’est l’art de la distribution des bâtimens. Rien ne nous a
grand Egoût de Paris , entreprisén 1737, de cinqmille cinq cent toises de long, la Garre pour lesbatteaux de l’approvisionnement de Paris, & lesnouveaux Boulevards.
(d) J’ai déjà donné , il y a quelques années> decette manière » tous les détails de la Colonade du
Louvre, dans un ouvrage intitulé : Etudes d’Archi-teBure , contenant les entre-colonnemens , portes, ni-ches, croisées Gr profils des plus beaux édifices dèFrance & d’Italie. On peut juger, par cet échan-tillon , quel profit l'architecture pourroit retirerde nos meilleurs édifices ainsi développés.
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