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TABLEAU DU PROGRES
Pépuisoment paroissoit impossible, mais qú’ii étoit encore impraticable d’en-foncer, avec solidité > les pieux convenables pour astèoir les piles. Le moyenqu employa cet ingénieur, pour applanir ces obstacles , est tout-à-fait indus-trieux. Il prit suffisamment de claies pour remplir la superficie de l’eípacecompris entre les batardeaux ; il les fit couvrir de six pouces de terre - glaise.Pendant que les pompes jouoient avec la plus grande vivacité, il fit descendreces claies ainsi chargées bien quarrément, Sc toutes ensemble, fur le fable. Ufit mettre enseite par-dessus cette terre-giaise un fort plancher de madriers, furlequel on éleva un massif de pierre de taille en forme de radier de sept à huitpieds d’épaisseur, lequel comprima ce fable mouvant , Sc s’enfonça jufqu’à sonniveau. Par cette opération, il empêcha l’eau de sourciller davantage ; lesépuisemens purent ssexécuter comme à Pordinaire : Sc ce radier, qui fut con-tinué sous toute la traversée de la rivière, à l’endroit du pont, servit défondation âux piles, qui se trouvèrent construites aussi solidement que fur unfond excellent.
Mais la nouvelle manière de construire les ponts sor les grandes rivières,fans batardeaux ni épuisemensest une invention bien plus recomman-dasse. Pour en sentir l’importance * il faut se rappeller que, loríqu’il s’agitde fonder un pont, l’ufage ordinaire est de faire un batardeau d’enceinte quienveloppe remplacement d’une ou de deux piles , Sc qui coupe toute com-munication avec l’eau de la rivière. On fçait avec combien de dépenses Scde peines on parvient à faire les épuisemens de Peau comprise dans ce batar-deau à force de pompes. Une multitude d’ouvriers est employée jour Scnuit à cette opération, quil faut le plus souvent continuer juíqu’à ce que lamaçonnerie soit hors de Peau. Une crue inopinée ; des eaux qui sourcillent,dérangent la plupart du temps tous ces travaux : à chaque pas on so trouvearrêté par des difficultés. Ainsi, un nouveau procédé de construction,capable d’obvier à ces inconvéniens à la fois longs Sc dispendieux, ne pouvoitqu’être extrêmement utile.
Ce fut à Poccasion de la construction du pont de Saumur, que M. deVoglie, ingénieur des ponts Sc chaussées, employa en 1758, avec le plusgrand succès , cette nouvelle méthode. Comme la Loire a en cet endroittrois cent toises de largeur, Sc depuis huit jufqu’à vingt pieds de profondeur,Pexpérience qui a été faite de cette construction, ne doit iaiíser aucun doutesor fa solidité.
Cet Ingénieur, après avoir reconnu Pendroit où il vouloit fonder les pilesde son pont, commença par en entreprendre une. Pour cet effet, il entourason emplacement par un échaffaudage d’enceinte ; il fit ensuite enfoncer,soivant la méthode usitée, les pilotis convenables pour fonder fa pile juíqu’auresos du mouton. La grande difficulté étoit de couper bien de niveau ces