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Monumens érigés en France à la gloire de Louis XV / Pierre Patte
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TABLEAU DU PROGRES

Pépuisoment paroissoit impossible, maisii étoit encore impraticable den-foncer, avec solidité > les pieux convenables pour astèoir les piles. Le moyenqu employa cet ingénieur, pour applanir ces obstacles , est tout-à-fait indus-trieux. Il prit suffisamment de claies pour remplir la superficie de leípacecompris entre les batardeaux ; il les fit couvrir de six pouces de terre - glaise.Pendant que les pompes jouoient avec la plus grande vivacité, il fit descendreces claies ainsi chargées bien quarrément, Sc toutes ensemble, fur le fable. Ufit mettre enseite par-dessus cette terre-giaise un fort plancher de madriers, furlequel on éleva un massif de pierre de taille en forme de radier de sept à huitpieds dépaisseur, lequel comprima ce fable mouvant , Sc senfonça jufquà sonniveau. Par cette opération, il empêcha leau de sourciller davantage ; lesépuisemens purent ssexécuter comme à Pordinaire : Sc ce radier, qui fut con-tinué sous toute la traversée de la rivière, à lendroit du pont, servitfondation âux piles, qui se trouvèrent construites aussi solidement que fur unfond excellent.

Mais la nouvelle manière de construire les ponts sor les grandes rivières,fans batardeaux ni épuisemensest une invention bien plus recomman-dasse. Pour en sentir limportance * il faut se rappeller que, loríquil sagitde fonder un pont, lufage ordinaire est de faire un batardeau denceinte quienveloppe remplacement dune ou de deux piles , Sc qui coupe toute com-munication avec leau de la rivière. On fçait avec combien de dépenses Scde peines on parvient à faire les épuisemens de Peau comprise dans ce batar-deau à force de pompes. Une multitude douvriers est employée jour Scnuit à cette opération, quil faut le plus souvent continuer juíquà ce que lamaçonnerie soit hors de Peau. Une crue inopinée ; des eaux qui sourcillent,dérangent la plupart du temps tous ces travaux : à chaque pas on so trouvearrêté par des difficultés. Ainsi, un nouveau procédé de construction,capable dobvier à ces inconvéniens à la fois longs Sc dispendieux, ne pouvoitquêtre extrêmement utile.

Ce fut à Poccasion de la construction du pont de Saumur, que M. deVoglie, ingénieur des ponts Sc chaussées, employa en 1758, avec le plusgrand succès , cette nouvelle méthode. Comme la Loire a en cet endroittrois cent toises de largeur, Sc depuis huit jufquà vingt pieds de profondeur,Pexpérience qui a été faite de cette construction, ne doit iaiíser aucun doutesor fa solidité.

Cet Ingénieur, après avoir reconnu Pendroit il vouloit fonder les pilesde son pont, commença par en entreprendre une. Pour cet effet, il entourason emplacement par un échaffaudage denceinte ; il fit ensuite enfoncer,soivant la méthode usitée, les pilotis convenables pour fonder fa pile juíquauresos du mouton. La grande difficulté étoit de couper bien de niveau ces