II
DES ARTS ET DES SCIENCES.
pilotis enfoncés au fond de seau. Il y parvînt, à l’aide d’unescie très-induf-trieufe (a), inventée par M. Perronet , premier ingénieur des ponts Scchaussées, laquelle est construite de façon que, de dessus l’échaffaud d’enceinte,elle peut aller couper les pieux de niveau jusqu a douze pieds fous Peau. Cequ’il y a d’admirable, c’est qu à cette profondeur, elle manœuvre avec unetelle précision, qu’il n’y a pas trois lignes de différence du niveau entre lespieux des deux extrémités de la pile.
Pendant que l’opération du pilotage s’exécutoit aussi simplement, M. deVoglie faifoit construire, fur les rives de la rivière, un caisson ou batteaúavec des bords fort élevés, & à peu près de la grandeur de la pile. Aprèsqu il fut achevé, il fut mis à flot, Sc conduit dans l’endroit piloté. Ën lechargeant, ón le fit échouer dans la direction convenable, Sc on aíïùjettit lefond de ce batteau, composé à deíïèin d’un fort grillage de charpente, furla tête de ces pieux préparés de niveau exprès pour le recevoir. Dans cebatteau, on éleva à íèc la maçonnerie de cette pile, suivant Part. Quand ellefut hors de Peau, Sc que l’on jugea que les mortiers avoient prîs corps, ondémonta les bords de ce batteau qui avoient été diípofés à cet effet, lesquelsfe mirent à flot en deux parties. La même méthode fut employée íhcceíïìve-ment pour toutes les autres piles. C’est Popératíon la plus avantageuse parses fuites, que l’on ait imaginée depuis long - temps. Elle évite les fiaisconsidérables Sc l’embarras des épuifemens : au lieu de quatre cent hommesqu’ils exigent, neuf ou dix hommes font toute la manœuvre; Ce quî n’estpas moins utile , c’est qu’on peut prévoir par cette méthode la dépeníede ces sortes d’ouvrages, qui est près de moitié moindre que par les pro-cédés ordinaires. Enfin , le peu d’embarras de cette construction met àmême de fonder , en une campagne, un pont quelque considérable qu’ilsoit ( b ).
construisit ses piles dans des caissons qu’il fit en-suite échouer dans les emplacemens qui leur étoientdestinés, fans les arrêter fur un fond solidementpréparé : aussi s’est-il fait . autour de ces piles.quantité d’affouillemens qui ont occasionné depuisdes réparations considérables , & beaucoup dedésagrément à sauteur.
(a) On trouve la description de cette icisarchitecture hydraulique de M. Belidor.
(b) En Angleterre, il avoit été fait une sem-blable tentative, de fonder un pont sans épuife-mens : un nommé Labellie , architecte Italien ,en fit l’eífai au pont de Westminster fur la Tamise ;mais il s’en faut bien que fa méthode soit aussi so-lide que celle employée au pont de Saumur, Il
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