*4 TABLEAU DU PROGRES
famille lisant la bible à ses enfans, le Contrat de mariage, Sc autres, lui ontvalu beaucoup d’éioges í l’autre , est M. Vernet, qui est incomparablepour les marines, les íòleils levant ou couchant, les tempêtes Sc les naufrages ;Il a fa r-tout un talent singulier pour imiter cette perspective aérienne qui faitle charme inestimable de la peinture. Toutes ces vues des ports de merde Marseille, de Toulon, de la Rochelle, Sc de la pêche duthon, sontdestableaux du premier mérite : tout le monde convient qu’on ne sçauroit pouíîèrplus loin ce genre de peinture.
Rien rfannonce mieux combien cet art se íòutient en France avec éclat,que ce grand nombre de peintres supérieurs ; Sc il f en faut bien que je lesaie tous nommés.
Seroit - il possible , je ne dis pas feulement en Italie, mais dans lemonde entier, de se procurer ailleurs qu’à Paris, un spectacle dont nous jouis-sons depuis I735 1 ; je veux parler de ce sallon où l’on expose, tous les deuxans, ces chefs-d’œuvre réunis de nos Phidias Sc de nos Appelles ? Que demodèles fans nombre, la peinture > la sculpture Sc la gravure, ssy étalent-elles pas ? Est-iirien de comparable à ce triomphe de nos arts, Sc qui doivedonner aux étrangers une plus grande idée de leurs progrès ? L’école Fran-çoise a l’avantage de réunir tous les genres quî caractérisent séparément lesécoles Romaines, Vénitiennes Sc Flamandes; composition, dessein, coloris.Loríqu’elie sera plus ancienne, peut-être n’hésitera-t-on pas à lui donner íapréférence fur toutes les autres. Les réputations ont un point de maturité.
La peinture réussit , il n’y a pas longtemps, à donner à notre augusteMonarque un de ces éloges qui saisissent Pâme par la vérité de leur applica-tion. M. Amedée Vanloo , peintre de notre académie, attaché à S. M.Prussienne, avoit représenté, ser un tableau de chevalet, toutes les Vertus quiservent à former un grand Prince, avec leurs attributs. Rien n’étoit mieuxcomposé Sc plus agréable que cette peinture : elle paroiíîòit faite fans deísein ;mais, en la regardant au travers d’un verre à facettes, toutes les têtes de cesfigures se réunistoient pour former le portrait du Roi parfaitement ressemblant *Sc le reste des Vertus concouroit à achever son buste. Quoique ce mécha-nifme d’optîque ne soit pas nouveau, l’application en parut neuve Sc heu-reuse. Jamais louange ne fut plus ingénieuse ni plus délicate.
Quelques autres peintres se sont encore fait remarquer dans dissérens genresmoins importans. M. Massé a excellé dans la peinture en mîgnature ; demême que MM. Rouquette Sc Durand dans la peinture en émail (*).
< *) Il y a un nouveau procédé de peinture enmîgnature qu’a donné M. de Montpetit, & qu’il anommé Peinture éludorique , dans laquelle il dé-pouille cette peinture de son huile , & attache lescouleurs fur le tableau en traversant l’eau avec
le pinceau : ensuite il met un mordant très-transparent, sans couleur , pour fixer solide-ment un crystal fur la peinture, lorsqu’elle estfinie.
m
r A
EM