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Monumens érigés en France à la gloire de Louis XV / Pierre Patte
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des arts et des sciences. 15

La propriété que íeísence de thérébentine a de diíîoudre la cire, de maniéréqu elle pourroit être employée au lieu dhuiíe , pour délayer les couleurs ,donna occasion de tenter, il y a une douzaine dannées, de retrouver lapeinture à lencaustique des anciens, qui étoit une eípèce de peinture en cireque Ton paíToit au feu , Sc dont Pline parle dans ses ouvrages. M. le comtede Caylus, & M. Bachelier peintre du Roi, firent à ce íùjet, séparément,diverses tentatives. Mais il paroît que la gloire davoir plus heureusementrencontré, est due à M. Bachelier. Ce peintre fit différens tableaux opéréspar inustion ( comme le dit cet auteur ancien ), entre autres un cheval degrandeur naturelle, qui fut admiré, Sc qui fit voir que ce genre de peinturénest pas moins agréable que celui à lhuile.

On a fait, fous ce r'gne, deux découvertes importantes pour conserverles tableaux : la première est celle de M. Picaut, qui a trouvé le moyende donner un nouvel être aux tableaux usés de nos grands maîtres, en lestransportant sor une nouvelle toile, fans rien leur ôter de leur coloris. Cestce même artiste qui a trouvé le secret de transporter sur une toile les tableauxà fresque de deíïùs les murailles, aussi bien que les peintures fur bois, fansles altérer en aucune manière (á).

La seconde est celle de M. Loriot , qui a imaginé de fixer la peintureau pastel, sens lui ôter ni la fleur, rti la fraîcheur des couleurs ; ce qu i donneà ces fortes douvrages la solidité de ceux qui font peints à 1 huile, les metà labri de lhumidité qui les détruisent, Sc perpétue la durée des ouvragesen ce genre, qui sont dignes de passer à la postérité. Lacadémìe de peinturea accordé à ce secret les certificats les plus authentiques. (L).

(a) On prétend que, pour changer de toile untableau , toute lopération consiste à appliquer furfa peinture une toile collée, pour entretenir solide-ment toutes ses parties : on îe renverse ensuite surune table. on larrête. Par derrière ce tableau ,on verse , sur toute sa surface, de leau-secondequi mange la vieille toile Sc la sépare de la pein-ture. Après cela, oh substitue , à la toile usée quelon a enlevée, une toile neuve quon appliquesur le corps de peinture avec de la colle-forte ordi-naire. Lorsquelle est suffisamment sèche, on re-tourne le tableau entre les deux toiles; on imbibela première que l'on a placée fur la face de lapeinture : auflìtôt quelle est détachée , on lavetout doucement le dessus du tableau pour en fairedisparoître les marques de la colle , & lopérationest faite.

(b) Lorsquon veut fixer le pastel, il faut pren-dre une certaine quantité dalun bien broyé ; lefaire dissoudre dans deux verres deau communetrès-claire ; y jetter ensuite pour quatre ou cinqsols de colle de poisson coupée fort menue,que lon laisse tremper pendant vingt - quatre

heures : alors on retire lalun, & on fait bouillirce mélange deau & de colle, imprégnée dalun ,fur un réchaud , pour obliger la colle à se fondreentièrement. La liqueur étant encore bien chaude,on la passe à travers un linge blanc, & on la versedans une grande bouteille de verre, lon a misauparavant trois chopines de bonne eau - de - vienon colorée , mais au contraire bien pure & bienclaire : enfin, lon y ajoute un bon verre des-prit de vin. On finit par verser le kout dansun bassin plus grand que le tableau ; on y plongeun moment la superficie de sa peinture, que lontient bien horisontalement, afin qu elle toucheliqueur au même instant dans toutes ses parties,en prenant bien garde qu elle n approche le fonddu vase. Le tableau retire , toujours bien horison-talement , on le laisse egouter & sécher dans cetteposition, en I e suspendant par ses extrémités. Riennétant dérange , à Laide de ces précautions, lepastel acquiert toute la solidité possible ; il naplus à craindre lhumidité ; il a un lustre qui luitient lieu de glace , dont cm peut se passer sansaucun risque, ( Journal économique , nov. 1763.)