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Monumens érigés en France à la gloire de Louis XV / Pierre Patte
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DES ARTS ET DES SCIENCES. 17

annoncent que cet art est porté au pius haut degré , Sc que nous sommesparvenus aux jours les plus florissms de la sculpture.

On volt, par ce coup dœil, que nos arts libéraux concourent à l'envi àillustrer ce règne. Pour contribuer de plus en plus à leur progrès, le Roia fait des fondations dans plusieurs des principales villes du royaume. Il aétabli à Bordeaux en 1744, Sc à Reims en 1760 , une école de destèin, auffi-bien que des académies de peinture , sculpture Sc architecture dans les villesde Toulouse, de Marseille Sc de Rouen. A chacune de ces deux dernièresacadémies, Sa Majesté a affecté uné somme de 3000 livres par an , pour fortentretien , les gages des professeurs, les modèles Sc les prix distribuésannuellement aux élèves.

Il faut encore ajouter lécole particulière que le Roi a établie à Paris fou sla direction de son premier peintre, nos jeunes artistes, qui remportentles prix de peinture Sc de sculpture de lacadémie , íont entretenus à íèsdépens, pendant quelques années, avant de les envoyer en Italie , pays quia la réputation d'etre classique pour ceux qui cultivent les beaux arts.but de ce dernier établistèment est de perfectionner les élèves St de les forti-fier > afin quils soient en état He tirer plus de profit des études qu ils doiventfaire eníuite à Rome, daprès les beaux ouvrages qu on y admire. Peut-être,relativement à la gloire actuelle de nos arts , ne devroit - il point y avoirdautre école que la Françoise , pour former le goût de nos jeunes artistes. Deséchaffauds ne doivent subsister quautant de temps quils íont nécessaires pourconstruire un édifice ; mais ils cessent detre utiles , dès qu il est entièrementfini. La France est à présent assez riche de son propre fonds, pour pouvoiríe passer de tous les íècours étrangers.

Jettons les yeux fur tous les beaux édifices qui embelli fient ce royaume ;íur cette immense collection de tableaux de tous les grands maîtres des diffé-rentes écoles que le Roi poísède ; fur celle de M. le duc dOrléans ; íur lafoule dexcellens modèles qui décorent nos églises, nos palais, nos cabinetsparticuliers, les salles de notre académie de peinture ; fur cette quantité destatues qui ornent nos places, nos jardins Royaux, nos monumens publics :Sc rendons cette justice à tant de chefs-dœuvre, de croire que leurs étudespourroient íuffire pour développer les talerts de nos jeunes artistes , Sc pournous dispenser de rendre à lItalie un hommage devenu superflu.

Faisons encore réflexion que la France offre aujourdhui un ípectacle biendifférent de lItalie. On ne rencontre plus, dans cette ancienne patrie desarts, que des modèles inanimés : en voyant ce quont été les Raphaël, les

ployées, un léopard terrassé qui expire, un lionqui paroît agité de frayeur ; animaux qui font lessymboles de lAllemagne, de lAngleterre & dela Hollande, dont ce grand homme a triomphé,

Vers le bas , est une figure allégorique de la Force,qui a le coude fur une massue , & la tête appuyéefur fa main , paroissant abymée dans la plus pro-fonde douleur

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