ïS 'TABLEAU DU PROGRES 1
Michel-Ange, les Palladio, Sc tous ces artistes du siècle des Médicis , onregrettte de n’en plus retrouver aucun qui leur restëmbie. Nous avons prisla place de ces hommes célèbres ; les bienfaits de nos Rois ont naturaliséleur génie dans ces climats : osons jouir de nos avantages ; Sc montrons quele temps est enfin arrivé où notre nation doit, à son tour, fervir de modèleaux autres (u).
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ARTICLE VI.
DE LA GRAVURE .
V n des arts, dont la perfection íèmble personnelle à la France, est Part dela gravure en taille-douce. Depuis son invention , on n’a point encore vud’austi habiles artistes, Sc en auffi grand nombre, qu aujourd’hui. Que de modèlesji’ont-ils pas produit ? L’estampe d’Hercule filant auprès d’Omphale, parM. Cars , est mise en parallèle avec ce qu’on a de mieux gravé dans legenre de l’histoire. M. Balechou, par son portrait du Roi de Pologne, pèrede Madame la Dauphine, Sc sor-tout par cette Tempête d’après M. Vernetíì estimée des connoisseurs, où le burin imite avec tant de vérité l’écume dela mer agitée , mérite de tenir un rang distingué parmi les François qui sefont honneur dans cet art. Les portraits de M. Bostuet, évêque de Meaux, Scde M. Samuel Bernard, par M. Drevet le fils, sont des ouvrages sepérieurs ; ainsique ceux de M. le comte de Saint - Florentin, & de M. le marquis deMarigny, par M. Wille : enfin, les estampes gravées par M. Dupuis, repré-sentant les monumens que les villes de Rennes Sc de Bordeaux ont fait éleveren Phonneur de Louis XV ; les fêtes données par le Roi, gravées &deffi-néespar M. Cochin ; Sc toutes les vues des ports de mer du royaume, exécutéespar ce même artiste, conjointement avec M. le Bas, convainquent que cesiècle est celui des plus excellons graveurs en tout genre.
Une des plus grandes entreprises que l’on ait vues, est ie recueil de toutes lespeintures dont ie Brun a décoré la grande gallerie de Versailles, &les deuxsellons qui Paccompagnent, gravées par nos premiers Artistes, avec la plusgrande supériorité, d’après les desseins de M. Massé , peintre du Roi. Onprétend que cet ouvrage a coûté trente années de travail à cet auteur.
Les gravures des peintures qui embellissent le dôme des Invalides, exécu-tées par M. Cochin père, sont auffi des travaux considérables. La fameusegallerie de Dresde , que ie feu Roi de Pologne, Electeur de Saxe, a fait
( a) Jouvenet& le Sueur n’ont jamais passé lesAlpes , & font parvenus à être d’excellens pein-tres. Perrault & Boffrand ont été de très-habilesarchitectes, fans avoir vu l’Itaîie. M. Lemoyne,
un de nos sculpteurs de réputation , n’a jamais étéà Rome. Tous ces habiles gens prouvent qu’iipourroit s’en sonner d'autres fans ce secours.